1813

35101 – AU CHEF D’ESCADRON GOURGAUD, PREMIER OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR

Il existe

à Magdebourg

8

pièces

de 12

10

de 6

et

2

obusiers

à Erfurt

2

pièces

de 6

à Dresde

2

obusiers

à Wittenberg

10

pièces

de 12

6

de 6 ;

il faut voir ce qu’on peut tirer de Glogau.

Les ressources ne seraient donc que de <…>, le déficit serait donc de <…>. Faites connaître le tout au ministre.

Faire fournir d’abord à Vandamme2 ce qu’il lui faut ; à Poniatowski ; ce dernier n’a que 18 bouches à feu, et 6 avec Dombrowski, en tout 24. Et comme il y a du personnel et des chevaux, il faut lui donner une batterie à pied et une à cheval avant le 15 juillet, à Dresde, sur les remparts, où il les viendra prendre. Une fois ceci pourvu, il faudrait avoir :

à Erfurt

6

pièces

de 12

6

obusiers

et

12

pièces

de 6

à Magdebourg

12

pièces

de 12

12

obusiers

et

24

pièces

de 6

à Wittenberg

12

bouches à feu de campagne

ce qui ferait

84

bouches à feu

Il suffirait de leur donner à chacune un caisson, en raison de la rareté de ces derniers.3

Napoléon

1. Commandant du 8e corps (polonais) de la Grande Armée (sur l’armement du corps polonais, voir Correspondance générale, vol. 13, nos 34847 et 34981).

2. Commandant un corps détaché du 1er corps à Magdebourg, il est nommé commandant du 1er corps le 1er juillet. Voir Correspondance générale, vol. 13, no 35099.

3. Copie, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35102 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 18. [BRD 2054]


35103 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 19). [BRD 2055]


35104 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, j’ai donné une nouvelle organisation au 1er corps ; et j’en ai créé un nouveau, appelé 13e corps1. La 23e division ne fera plus partie du 6e corps2, mais du 1er : c’est le général Teste qui continuera à la commander. La 40e division, qui était vacante, a besoin d’un général de division. Présentez-moi le général de division et les généraux de brigade qui devront la commander.3

Nap

1. Commandé par Davout, ce corps est destiné à protéger Hambourg et la 32e division militaire.

2. Commandé par Marmont.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 19).


35105 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Vous aurez vu par mon ordre du jour d’aujourd’hui que le corps du général Vandamme1 sera composé des 1re, 2e et 23e divisions. Donnez ordre à ce général de réunir la 1re et la 23e division à Magdebourg, et la 2e à Dessau, ce qui épargnera les vivres de Wittenberg. L’artillerie du général Vandamme doit être composée : de deux batteries d’artillerie légère, une fournie à Magdebourg ; le général d’artillerie en fera fournir une nouvelle : de 6 batteries de division, il en amène 4 avec lui ; 2 doivent exister à la division Teste, une fournie à Magdebourg, l’autre en route : de deux batteries de réserve ; il est parti avec ses deux batteries de réserve de Hambourg. Ainsi ce général aura son artillerie au complet. Le général Baltus2 doit la commander. Donnez des ordres à Cassel pour que les 1re et 2e compagnies du 10e bataillon d’équipages militaires, etc. partent de Cassel pour Magdebourg. Donnez des ordres pour que la 40e division se forme à Werben entre Magdebourg et Hambourg, où elle sera à la disposition du prince d’Eckmühl qui pourra la rapprocher selon les circonstances. Mandez tout cela au directeur de l’administration de l’armée pour qu’il forme les administrations de ce corps.3

1. 1er corps de la Grande Armée.

2. Basile Guy Baltus de Pouilly, commandant l’artillerie du 1er corps (Vandamme) depuis le 18 juin 1813.

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 21.


35106 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, le 7e régiment de chevau-légers1 se réunira tout entier à Freiberg. Donnez ordre à tout ce que le régiment a au 1er corps de se diriger sur Freiberg. Donnez le même ordre aux détachements que ce régiment peut avoir ailleurs. Comme ce colonel est prisonnier, présentez-moi un Polonais2 pour colonel de ce régiment.3

Nap

1. Le 7e chevau-légers est l’ancien 1er régiment de lanciers polonais de la Vistule.

2. Stokowski a été capturé par des partisans prussiens dans un combat près de Dresde le 9 juin précédent. Il est remplacé par Tanski le 2 juillet.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 22). [BRD 2056]


35107 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Commandé par Oudinot.

2. Sous Macdonald.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 23).


35108 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, écrivez au général Dufour1 que, puisque sa division est fatiguée, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’elle séjourne le 2 et le 3 à Passau ; que vous lui enverrez des ordres ultérieurs ; qu’il fasse connaître la situation de sa division, cavalerie, infanterie et artillerie, ainsi que le nombre des officiers supérieurs et adjudants-commandants et généraux de brigade qu’il a avec lui.2

Nap

1. François Marie Dufour.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 24).


35109 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 25).


35110 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 1er juillet par laquelle vous me faites connaître que le roi de Westphalie désire qu’on retire de Magdebourg le 9e de ligne ; qu’il est disposé à envoyer de Cassel un bataillon d’infanterie légère, et les 2e et 3e de ligne, ce qui formerait une brigade de cinq bataillons sous les ordres du général Bernard1 ; et qu’il fournira une seconde brigade, également de cinq bataillons, sous les ordres du général Lageon2.

Faites-moi connaître si le roi peut donner ces dix bataillons sans tirer de Magdebourg le 9e de ligne. S’il le peut, ce sera bien. Si, au contraire, il n’a point d’autre régiment, et qu’il veuille en avoir un à Cassel, comme on ne pourra pas retirer le 9e qui est à Magdebourg, il ne nous resterait plus alors que 8 bataillons ; ce qui ne serait pas suffisant. Il faudrait que le roi eût une batterie d’artillerie légère pour être avec sa cavalerie légère. J’approuve que sa cavalerie soit réunie sous les ordres du général Wolff, division Beaumont3. Faites-moi connaître si ce général Wolff a des services, et si l’on peut compter sur lui. J’accepte les 24 pièces de canon qu’offre le roi.4

Nap

1. Commandant la 1re brigade westphalienne.

2. Général à titre westphalien ayant grade de colonel dans l’armée française.

3. Commandant la cavalerie légère du 6e corps (Marmont).

4. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 26).


35111 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre rapport du 1er juillet avec celui du général Gersdorff1.

Donnez l’ordre qu’il désire pour faire venir à Pirna le 8 juillet les portions du régiment qui sont à Gœrlitz et qu’il désire organiser à Pirna.

Donnez également à Torgau les ordres qu’il désire.

Faites-lui remarquer que dans les états du général Reynier2, il n’y a que 4 500 Saxons à son corps d’armée. Discutez tout cela avec lui comparativement aux états que vous avez et dites-lui que je suis satisfait si tous ces corps doivent être ainsi complétés. Communiquez son rapport au général Reynier.3

Np

1. Général saxon.

2. Commandant du 7e corps (Saxon).

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 27).


35112 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, je reçois des lettres du ministre de la Guerre, dans lesquelles se trouvent celles du général Foy1 du 22 ; je réponds au ministre de la Guerre qui vous fera connaître mes intentions.

J’envoie le duc de Dalmatie avec le titre de mon lieutenant-général en Espagne. Il sera cependant sous les ordres de la régence et rendra compte au ministre de la Guerre2.

Quant au roi d’Espagne3, mon intention est qu’il demeure à Pampelune, Saint-Sébastien ou Bayonne et qu’il y attende mes ordres. Dans tous les cas mon intention est qu’il ne vienne pas à Paris et qu’aucun grand dignitaire, aucun ministre, sénateur ou conseiller d’État, ne le voie jusqu’à ce que j’aie fait connaître mes intentions. S’il avait dépassé la Loire, vous vous concerteriez avec les ministres de la Guerre et de la Police4 pour faire ce qui serait le plus convenable, sans affliger l’Impératrice de ces détails5.

Le roi ne doit passer la Loire sans mon ordre ; mais enfin s’il l’avait passée, il devrait se rendre dans le plus grand incognito à Mortefontaine6, d’où il serait convenable que ni lui, ni aucun officier de sa maison ne vint à Paris inquiéter l’administration de la régence. Vous verrez avec le ministre de la Police qui l’on pourrait charger de faire connaître mes intentions au roi. On pourrait faire choix de Rœderer7 ou de tout autre dont le roi aurait l’habitude ; mais quoi qu’il en soit vous devez employer même la force, s’il est nécessaire pour l’exécution de mes ordres.

En général, je désire que toute communication à faire au roi d’Espagne lui soit faite, non par le canal du ministre de la Guerre mais par celui du ministre de la Police.

Napol

P.S. Vous trouverez ci-joint 1° La lettre au ministre de la Guerre8. 2° Copie du décret qui nomme le duc de Dalmatie commandant en Espagne. Cette pièce vous servira en cas que l’expédition du comte Daru vienne à se perdre. 3° La lettre que j’écris au ministre de la Police9. Au reçu de la présente vous ferez appeler chez vous les ministres de la Guerre et de la Police et vous leur remettrez leurs lettres en leur recommandant sur le tout le plus profond silence. Si le roi avait repris l’avantage et qu’on eût réoccupé Vitoria, vous y mettriez d’autant plus de ménagement. Je suppose que le sénateur Rœderer, ou tout autre ayant la confiance du roi pourrait lui être envoyé pour lui faire sentir que d’après l’opinion que j’ai de ses valeurs militaires, je l’ai obligé dans ces circonstances, de donner le commandement de l’armée à un général ayant ma confiance. Je vous envoie aussi une lettre pour le roi d’Espagne. Vous ne la remettrez au duc de Dalmatie qu’autant que cela paraîtrait nécessaire au ministre de la Guerre. Je désire que le duc de Dalmatie ne la remette qu’autant qu’on ne pourrait faire autrement. Il me semble qu’une ampliation du décret et une lettre du ministre seront suffisantes.

Np

P.P.S. Veillez à ce que le ministre de la Police ne se mêle de rien que de surveiller. Le ministre de la Guerre ne doit écrire au roi d’Espagne que ce que les circonstances exigent qu’il sache. Veillez enfin à ce que tout se passe avec le plus de modération possible.10

1. Qui annonçait à Napoléon la défaite de Vitoria du 21 juin précédent.

2. Soult arrivera à Paris le 6 juillet (voir ci-dessous les instructions de Napoléon, no 35140).

3. Joseph.

4. Savary.

5. Le renseignement et l’esprit public font naturellement partie des priorités de l’Empereur Napoléon 1er.

6. Domaine de Joseph Bonaparte situé dans l’Oise.

7. Rœderer recevra effectivement la délicate mission d’annoncer à Joseph sa mise à l’écart des affaires espagnoles.

8. Voir ci-dessous, no 35116.

9. Voir ci-dessous, no 35139.

10. Expédition, collection privée (copie, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 12). [LEC 1032]


35113 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, je vous ai écrit il y a deux heures relativement à l’Espagne1. Je vous ai envoyé toutes les lettres pour que vous puissiez diriger cette affaire selon les circonstances. La question se renferme dans deux hypothèses : ou le roi a été battu, ou les affaires ont pu se rétablir.

Si le roi a été battu, qu’il ne puisse pas rester à Pampelune et qu’il y ait crainte de le voir revenir, c’est le cas de lui envoyer quelqu’un, à qui vous ne devez pas dissimuler que, vu le mauvais esprit qu’il a montré en Espagne, je voudrais que sa présence ne semât le trouble relativement à la régence.

Si le roi était parvenu à rétablir les affaires, mon intention serait toujours la même : je désirerais toujours qu’il quittât le commandement dont il est absolument incapable, qu’il le remît au duc de Dalmatie, et qu’il restât à Vitoria.2

Np

1. Voir ci-dessus.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 12. [LEC 1033]


35114 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, j’ai pour cinq à six millions de vif-argent à Venise1. Je désire que vous voyiez MM. Defermon et La Bouillerie2 pour aviser aux moyens de faire rentrer cet argent. Defermon veut tenir les prix trop élevés3, ce qui fait que rien ne se vend, et cela au moment où on a besoin de réaliser les ressources de cette nature. Il faudrait prendre un parti pour accélérer la vente.4

Napoléon

1. Mercure provenant des mines d’Illyrie.

2. Administrateur du Domaine extraordinaire.

3. Defermon craint que la vente d’une trop grande quantité de mercure fasse chuter les cours. Il est en tractation avec un négociant qui agit pour les mines du Pérou.

4. Copie, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 12 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 2). [BRD 2052]


35115 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, vous verrez que j’ai créé un nouveau corps d’armée sous la dénomination du 13e corps1. Il est composé des 3e, 40e et 50e divisions et doit avoir 5 batteries de division, 2 batteries de réserve et 2 batteries à cheval, dont une pour la 50e division. Ce corps commandé par le prince d’Eckmühl est à Hambourg et il a déjà 2 batteries à pied avec la 3e division et une avec la 50e. En outre, j’ai donné ordre que l’on envoyât de Groningue ou de Wesel une batterie de réserve que le général Jouffroy fera atteler. Ainsi, il reste à envoyer à ce corps 2 batteries de division, une batterie de réserve et 2 batteries à cheval.

Vous me mandez que vous dirigez de Wesel sur Hambourg, pour le 1er corps, 2 batteries à cheval ; elles doivent continuer leur route, mais au lieu d’être pour le 1er corps, elles seront pour le 13e.

Le 1er corps est à Magdebourg sous les ordres du général Vandamme ; il est composé des 1re, 2e et 23e divisions. Les deux premières divisions ont amené avec elles leurs 4 batteries ; la 23e division, ou division Teste, a déjà reçu une batterie et elle en attend une autre de France. Il a 2 batteries de réserve et je lui ai fait donner une des batteries à cheval organisées à Magdebourg.

Donnez ordre à la batterie à cheval que vous vouliez faire partir de Mayence pour la 50e division à Hambourg, de se rendre au 1er corps à Wittenberg, ce qui complètera les deux batteries à cheval de ce corps. La 2e batterie à cheval que la France devait fournir au 1er corps remplacera celle que Magdebourg lui a déjà fournie.

Vous voyez que la création du 13e corps augmentera l’artillerie de l’armée de 2 batteries de division, 2 batteries de réserve, et d’une batterie à cheval. Total 38 bouches à feu.

J’approuve que les 2e et 7e compagnies du 3e régiment d’artillerie à cheval restent à Strasbourg, où elles s’exerceront aux manœuvres et au tir du canon au polygone. Ce sera deux compagnies dont on pourra disposer selon les circonstances.2

Np

1. Sous Davout, voir ci-dessus, no 35104 et ci-dessous, no 35125.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 9). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 539.


35116 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 27 juin1. Je donne ordre au duc de Dalmatie de partir dans la journée pour se rendre à Paris, où il arrivera le 42. Il n’y restera pas plus de 12 heures ; il ira avec vous chez l’archichancelier, et continuera sa route sur Bayonne. Vous trouverez ci-joint le décret par lequel j’ai nommé ce maréchal mon lieutenant-général commandant en chef mes armées en Espagne et sur les Pyrénées.

Vous écrirez au roi d’Espagne qu’ayant jugé convenable de donner le commandement de mes armées en Espagne au duc de Dalmatie, il ait à lui faire remettre ce commandement, et qu’il place sous ses ordres sa garde, toutes ses troupes espagnoles ; et que de sa personne il reste, selon les circonstances, à Pampelune ou à Saint-Sébastien ou se rende à Bayonne, et que là, il connaîtra mes intentions ultérieures.

Vous lui ferez connaître que sans mes ordres, il ne doit point venir à Paris. Dès que je saurai bien ce qui s’est passé, je donnerai des ordres relativement au roi ; mais mon intention est que sous quelque prétexte que ce soit, il ne vienne point à Paris.

Si par hasard il avait déjà pris cette direction, il faudrait qu’il se rende dans l’incognito le plus absolu à Mortefontaine, sans voir qui que ce soit à Paris. Il est inutile d’entretenir de cela l’Impératrice. Je fais connaître à l’archichancelier mes intentions à l’égard du roi.

S’il était arrivé à Bayonne, il devrait s’y arrêter.

J’ai une pleine confiance dans le duc de Dalmatie. Il aura tous les pouvoirs nécessaires pour organiser l’armée comme il le jugera le plus avantageux, et il prendra toutes les mesures pour sauver Pampelune, Saint-Sébastien et Pancorbo et enfin faire tout ce qu’il sera possible.

Si le duc de Dalmatie jugeait que le maréchal Jourdan3 lui est inutile, il resterait à Bayonne jusqu’à ce que j’aie donné des ordres à son sujet.

Mon intention est qu’aucun officier du roi d’Espagne et qu’aucun réfugié espagnol ne passe la Garonne. Tous ces réfugiés seront réunis à Auch et à Agen, ou dans quelque autre ville que vous désigneriez en consultant l’archichancelier et le ministre de la Police.

Toutes les sottises qui ont lieu en Espagne proviennent de ma complaisance mal entendue pour le roi qui est non seulement incapable de commander une armée, mais ne sait pas même se rendre justice et laisser le commandement aux militaires.

Il ne sera rien mis, surtout cela, ni dans les journaux de Paris, ni dans ceux des départements ; et on doit ignorer où se trouve le roi.

Vous pourrez lui envoyer un officier de confiance pour lui signifier ma volonté ; et vous vous rendrez vous-même chez la reine4.

Vous pourrez vous servir du comte Rœderer ou de toute autre personne de sa confiance se trouvant à Paris, pour lui faire comprendre mes intentions avec tous les ménagements et tous les égards convenables.

Si le roi venait à Mortefontaine, mon intention est qu’il ne vît point l’Impératrice ; que rien ne fût dérangé dans l’État ; et qu’il ne fît ni ne reçût de visites. Le duc de Dalmatie correspondra avec vous. Quoiqu’il ait le titre de mon lieutenant-général, j’entends qu’il soit sous les ordres de la régence et les vôtres.

Je n’ai pas encore de nouvelles positives de l’état des choses pour connaître le parti à prendre : toutefois à moins d’une absolue nécessité pour la défense de mes frontières, il ne doit rien être changé aux ordres que j’ai donnés pour la direction des troupes. Au pis-aller, je garderai ma frontière.

Je n’ai pas besoin de vous recommander de faire armer et approvisionner Bayonne et les autres places frontières.

Je vous répète que tous les moyens doivent être pris pour empêcher le roi d’Espagne de venir à Paris. Mais les mesures qui le concernent doivent être extrêmement secrètes.

Le duc de Dalmatie même ne doit point en être instruit.5

Napol

1. Annonçant le désastre de Vitoria (voir ci-dessus, no 35112).

2. Ce sera le 6.

3. Chef d’État-Major général de l’armée d’Espagne sous Joseph.

4. Julie Clary.

5. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 10). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 538. [LEC 1034]


35117 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Broussier a fait sa carrière dans les différentes armées d’Italie depuis 1801, il reste affecté au corps d’observation de Mayence.

2. Affecté le 7 juillet suivant à la 6e bis division d’infanterie du 2e corps.

3. Affecté à la tête de la 51e division d’infanterie sous Augereau le 13 juillet suivant.

4. Correspondance générale, vol. 13, no 34887.

5. Expédition, collection privée (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 539. La lettre est repassée en vente en 2004 ([Catalogue de vente], Auktions, Historische autographen, cat. no 680, 23-24 novembre 2004, p. 475, no 1195).


35118 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, on m’assure que le sieur Hartmanis, colonel du 4e régiment étranger, n’a jamais fait la guerre1 ; qu’il n’a point la tenue d’un officier supérieur ; que sa femme, qui a une conduite équivoque, se mêle des affaires du régiment. Mon intention est que vous me fassiez sur-le-champ un rapport sur cet officier, et que vous n’attendiez pas ma réponse pour l’appeler à d’autres fonctions. Choisissez, pour le remplacer, un de nos bons colonels, Français de naissance. Ce corps est beau, il lui faut un bon commandant. Faites aussi une enquête sur les chefs de bataillon : il n’y a pas d’inconvénient à y mettre de bons chefs de bataillon français.2

Np

1. Hartmanis, suisse d’origine, est à la tête du 4e régiment étranger (ex-régiment de Prusse) depuis 1808. Il a servi en Espagne depuis cette date. Il sera nommé adjudant-commandant le 26 juillet suivant.

2. Expédition, Bibliothèque municipale d’Ajaccio (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328). [C 20213]


35119 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Courtier vient d’être nommé (16 juin) à la tête du 28e chasseur.

2. Composée des départements de la Hollande.

3. Expédition, Bibliothèque municipale d’Ajaccio.


35120 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 14). [BRD 2053]


35121 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, j’ai reçu votre rapport du 25 juin. J’approuve toutes les mesures que vous avez prises pour exécuter mes ordres relatifs aux 5es bataillons du 105e, du 29e et du 3e de ligne.

Je vous ai écrit aussi pour le 33e léger1. Je vous ai mandé que je désirais que le cadre d’un bataillon se rendît à Flessingue pour s’y compléter avec des conscrits réfractaires et s’y embarquer ensuite pour Hambourg et qu’un autre bataillon se rendît à Wesel pour s’y compléter de la même manière et rejoindre le régiment à Hambourg.2

Napoléon

1. Voir Correspondance générale, vol. 13, nos 34890 et 35069.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 16).


35122 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 17).


35123 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 29). [C 20211]


35124 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 30. [BRO 2058]


35125 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, le major-général vous fera connaître la nouvelle formation que j’ai donnée à l’armée. J’ai créé un 13e corps1, dont je vous ai donné le commandement. Je destine ce corps à la défense de la 32e division. Vous aurez sous vos ordres les deux divisions françaises du 13e corps, la division danoise et la 50e division ; ce qui vous fera la valeur d’une soixantaine de bataillons. La confiance que j’ai en vous, et qui me porte à vous laisser à la tête d’une position aussi importante, m’a mis dans le cas de faire ces changements. Toutes les divisions, étant chacune de quatorze bataillons, sont plus maniables. La 3e division bis étant dissoute, chaque bataillon qui la compose rejoindra son régiment.

Je donne ordre qu’on vous envoie le matériel qui vous est nécessaire pour organiser l’artillerie. Vous devez avoir quatre batteries à pied pour les 3e et 40e divisions, trente-deux pièces ; deux batteries de réserve pour le 13e corps, seize pièces ; une batterie à cheval pour le 13e corps, six pièces ; total, sept batteries pour le 13e corps ou cinquante-quatre pièces ; plus une batterie d’artillerie à cheval, six pièces, et une batterie à pied pour la 50e division, huit pièces ; ce qui vous fera soixante-huit pièces d’artillerie.

Vous aurez quatre compagnies d’équipages militaires, les 3e, 4e, 5e et 6e du 12e bataillon.

Le général Bourcier2 a dû vous envoyer un régiment de marche de cavalerie de 1 250 hommes à pied, qui se compose de deux escadrons de cavalerie légère, 500 hommes, un escadron de dragons, 250 hommes, et deux escadrons de cuirassiers, 500 hommes ; total, 1 250 hommes. Je donne ordre qu’on vous envoie des dépôts de France de quoi compléter le 28e de chasseurs à 1 250. Vous monterez tous ces hommes ; ce qui, avec le régiment lithuanien, vous fera près de 3 000 chevaux. Veuillez à ce qu’on ne mette dans le 28e de chasseurs, qui doit rester à Hambourg, aucun homme de la 32e division ni des départements de la Lippe et de la Hollande.3

Np

1. Commandé par Davout, ce corps est destiné à protéger Hambourg et la 32e division militaire (voir ci-dessus, no 35104).

2. Commandant du dépôt général de cavalerie de Magdebourg.

3. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 34). [C 20206]


35126 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, il serait possible que l’armistice fût prolongé jusqu’au 15 août1. Si je me décide à cette mesure, ce sera spécialement pour Hambourg, puisque cela vous ferait près d’un mois de gain, ce qui vous donnerait moyen d’achever l’armement et les ouvrages de Hambourg et de mettre cette place et Harbourg en meilleur état. Les bataillons de la 3e division bis auraient aussi le temps d’arriver et la 50e division se compléterait à 16 000 hommes. Tenez cette nouvelle secrète, mais agissez toujours comme si les hostilités devaient recommencer au 20 juillet.2

Nap

1. L’armistice de Pleiswitz a suspendu les hostilités depuis le 4 juin, la reprise des combats avait été fixée initialement au 20 juillet.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 33). [C 20207]


35127 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Suite à l’approche des armées alliées, Hambourg s’était insurgée contre l’occupation française (12 mars 1813). La ville a été reprise par Davout et la division danoise le 29 et 30 mai. Napoléon avait prescrit des mesures très dures contre la ville que Davout tentait de tempérer (voir Correspondance générale, vol. 13, notamment nos 34648, 34764 et 34845).

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 35). [LEC 1036]


35128 – AU VICE-AMIRAL DECRÈS, MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 31. [BRO 2059]


35129 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon fils, l’Autriche continue à se comporter mal. Des régiments doivent avoir été mobilisés du côté de Vienne pour se porter en Styrie. Il est de fait cependant qu’avec tous les efforts imaginables l’Autriche ne peut pas avoir sur pied plus de 100 000 hommes, qu’elle est obligée de partager entre vous, la Bavière et le corps d’armée qui est ici. Envoyez des espions pour être bien au fait de tous les régiments qui arrivent, et connaître leurs divisions à mesure qu’elles se forment. Faites bien reconnaître par les ingénieurs le terrain entre la Piave et Graz.

J’ai cependant accepté la médiation de l’Autriche. Des négociations vont s’ouvrir à Prague le 5 juillet1. Il paraît qu’on a des projets de prolonger l’armistice jusqu’au 16 août. Il est cependant toujours nécessaire que vous soyez à la fin de juillet en colonnes, depuis la Piave jusqu’à l’Adige. Padoue n’est pas un pays sain ; il n’y faut pas laisser de troupes pendant les chaleurs. Je suppose que vous n’en avez pas laissé à Mantoue. Les meilleurs cantonnements, dans cette saison, sont Vérone, Brescia et Bassano. Ne me mettez personne à Trévise ; Trévise n’est pas assez sain. Feltre et Conegliano sont plus sains.

Je vois avec plaisir que nous correspondons par l’estafette en quatre-vingt-seize heures. Tenez-moi donc bien au fait de tout ce qui se passe, et envoyez-moi tous les cinq jours l’état de situation de votre corps, de votre artillerie, de votre génie, et que je voie bien les généraux qui vous arrivent.2

Nap

1. Les négociations ne s’ouvriront que le 12 juillet.

2. Expédition, The Newberry Library, The Spencer Napoleonica collection, s. 1, b. 12, fol. 1112 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 37) [C 20214].


35130 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon fils, je vous envoie une lettre du duc d’Abrantès1. Comme vous avez le commandement de l’Illyrie, je suppose que vous pourvoyez à la défense de ce pays.2

Napoléon

1. Junot avait fait parvenir à Napoléon un rapport pour pourvoir à la défense de l’Illyrie.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 38).


35131 – À JOSEPH, ROI D’ESPAGNE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur mon frère, j’ai jugé convenable de nommer le maréchal duc de Dalmatie1 mon lieutenant-général, commandant en chef mes armées en Espagne et sur les Pyrénées. Remettez-lui le commandement. Je désire que vous vous teniez de votre personne, selon les circonstances, à Burgos, Vitoria, Saint-Sébastien, Pampelune ou Bayonne, en attendant que je vous fasse connaître ultérieurement mes intentions. Vous mettrez vos gardes et tous les Espagnols armés sous les ordres du duc de Dalmatie, et je désire que vous ne vous mêliez en rien des affaires de mes armées.2

Napole

1. Soult (voir ci-dessus, no 35116).

2. Extrait [Catalogue de vente], M. Castaing, expert, Collection Léon Muller, Versailles, 31 mars 1968, no 99 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 1). [LEC 1031]


35132 – À LA BOUILLERIE, TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COURONNE ET DU DOMAINE EXTRAORDINAIRE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 7. [C 20212]


35133 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le comte de Cessac, j’approuve fort l’expédition que vous avez faite d’un million de biscuit sur Vitoria ; mais je pense qu’il est inutile d’y faire de nouveaux envois de biscuits. Je préfère qu’on y envoie de la farine. Cela fera une économie de transport et de main-d’œuvre. Dans une ville comme Vitoria, il ne doit pas y avoir d’embarras à faire cuire pour l’armée. Je désire aussi que le biscuit soit fait désormais de méteil1, comme le pain ordinaire, et qu’au lieu d’être fait en rond, il ait la forme d’un parallélépipède de 3 à 4 pouces de long et d’un pouce d’épaisseur avec 3 à 4 trous au milieu. Il y a à cela plusieurs avantages :

1o le biscuit n’est pas plus cher que le pain et les garde-magasins n’ont pas de prétexte pour voler,

2o on ne peut charger le biscuit en plein caisson sans le mettre dans des caisses, etc.2

Nap

1. Culture mélangée de seigle et de blé.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 316 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 28). [BRD 2057]


35134 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 1er juillet 1813

Monsieur le comte Le Marois, il serait possible que l’armistice fût prolongé jusqu’au 15 août1. C’est une raison de travailler avec plus d’activité aux ouvrages de Werben. Je ne puis que vous répéter ce que je vous ai écrit là-dessus2. Tenez secret ce qui est relatif à la prolongation de l’armistice.

Je suppose que vous avez pris des dispositions pour construire des écuries, et que vous avez pris des planches partout où vous en aurez trouvé ; enfin que le général Bourcier est déjà en marche pour se rendre avec sa cavalerie sur Magdebourg.3

Napoléon

1. Voir ci-dessus, no 35105.

2. Voir Correspondance générale, vol. 13, no 35053.

3. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20210, d’après l’original communiqué par le comte Le Marois (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 6).


35135 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

1. Ce sera le 12 juillet.

2. L’entrevue orageuse entre les deux hommes eut lieu le 26 juin 1813.

3. François Ier d’Autriche.

4. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35136 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

Dresde, 1er juillet 1813

Ma bonne amie, j’ai reçu ta lettre du 23 avec la très belle gravure1 qui l’accompagnait. C’est bien aimable à toi, mais je t’assure que je n’ai pas besoin de cela pour penser à ma bonne Louise bien souvent. Je voudrais bien la voir, espérons que ce ne tardera pas. Je m’accuse d’avoir donné ta gravure à tante Thérèse2 qui se plaint de toi et à qui cela a fait bien plaisir. Je te prie de m’en envoyer une autre. Fais-moi connaître qui l’a fait. Fais-lui dire que je l’ai trouvée bien belle. Adio, mio bene.3

Nap

1. Cette gravure avait été réalisée d’après la célèbre miniature d’Isabey (voir Correspondance générale, vol. 13, no 35056).

2. Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine, femme du frère du roi de Saxe.

3. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35137 – AU GÉNÉRAL MOUTON, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR

Dresde, 1er juillet 1813

Ayant donné au duc de Dalmatie1 une mission qui le tiendra pendant plusieurs mois éloigné de l’armée, mon intention est que vous soyez chargé des fonctions qu’il remplissait pour le commandement de ma Garde, infanterie, cavalerie et artillerie. Tous les rapports vous seront adressés, et vous ferez avec moi tout le travail pour l’organisation et les mouvements.2

1. Soult vient d’être nommé lieutenant-général de l’armée d’Espagne (voir ci-dessus, no 35116).

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 5. [C 20209]


35138 – AU MARÉCHAL NEY, COMMANDANT LE 3E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 1er juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie une lettre que je reçois du général Heimrod1. Je désire que vous me fassiez connaître si vous êtes content de ce général. Je n’entends pas dire si vous êtes entièrement remis de vos blessures2. Donnez-moi des nouvelles de votre santé. Je désire que vous fassiez examiner Liegnitz3 par votre officier du génie et que vous me fassiez connaître si on pourrait en faire une place et combien de temps il faudrait pour cela. Liegnitz a été jadis fortifiée : l’eau contribuait spécialement à sa défense.4

Napoléon

1. Fils naturel de Guillaume Ier, électeur de Hesse-Cassel, et de Charlotte-Christine Buissine, une de ses nombreuses maîtresses, Friedrich von Heimrod commande la cavalerie du 3e corps d’armée.

2. Ney a été blessé à la jambe droite à Lützen (2 mai 1813).

3. Legnica aujourd’hui, en Pologne.

4. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 32). [BRD 1157]


35139 – AU GÉNÉRAL SAVARY, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE

Dresde, 1er juillet 1813

L’archichancelier et le ministre de la Guerre vous feront connaître mes intentions relativement au roi d’Espagne1. Appliquez-vous à les exécuter avec ménagement, mais en même temps avec la vigueur convenable. Il y a à Paris beaucoup de personnes qu’on peut employer pour faire connaître mes intentions au roi2.

Donnez des ordres pour qu’aucune gazette de province ou de Paris ne parle des affaires d’Espagne ni du roi.

Si le roi avait quitté sans mon ordre Pampelune, Saint-Sébastien ou Bayonne, et qu’il eût passé la Loire, ce qui serait contraire à mes intentions, il devrait se retirer sur-le-champ, sans coucher à Paris, à Mortefontaine, jusqu’à ce que j’aie fait connaître mes ordres, et sans que cela fît aucun bruit.3

1. Voir ci-dessus, no 35112.

2. Napoléon pensait notamment à Rœderer (voir ci-dessus, no 35116).

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 8. [LEC 1035]


35140 – AU MARÉCHAL SOULT, LIEUTENANT DE L’EMPEREUR, COMMANDANT EN CHEF DES ARMÉES EN ESPAGNE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 36. [C 20208]


35141 – AU GÉNÉRAL BELLIARD, AIDE-MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 2 juillet 1813

Présentez-moi un projet d’organisation pour la cavalerie de l’armée. Il faut qu’il y ait un général de division ou de brigade pour commander la cavalerie attachée à chaque corps d’armée, qui sera au moins d’un millier de chevaux.

Le 1er corps, que commande le général Vandamme et qui sera le 8 à Wittenberg, a le 9e régiment de chevau-légers. Donnez des ordres pour que tous les détachements de ce régiment le rejoignent à Wittenberg. Il faudra y joindre un deuxième régiment pour faire un millier de chevaux, et vous me proposerez un général de brigade pour commander la cavalerie de ce corps.

Le 2e corps a aujourd’hui une division de cavalerie. Il faut lui former une brigade composée de deux régiments, faisant 800 à 1 000 chevaux, avec un général de brigade pour la commander.

Le 3e corps a le 10e hussards et un régiment badois, commandés par le général Beurmann, cela fait plus de 1 200 chevaux, ce qui est suffisant.

Le 4e corps a deux brigades wurtembergeoises, qui font 1 500 chevaux, ce qui est suffisant.

Le 5e corps a aujourd’hui une division. Il faudra lui former une brigade composée de deux régiments, faisant de 800 à 1 000 chevaux, avec un général de brigade pour la commander.

Le 6e corps aura également une brigade qu’il faut former de deux régiments, avec un général pour la commander.

Le 7e corps aura une brigade saxonne.

Le 8e corps est le corps polonais.

Le 11e corps aura quatre escadrons napolitains, un escadron de Wurtzbourg et le 4e de chasseurs italiens ; ce qui fait plus de 1 000 hommes. Il faut un général de brigade pour commander cette cavalerie.

Le 12e corps aura la cavalerie westphalienne et la cavalerie hessoise, faisant plus de 1 500 hommes. Il faudra un général de brigade.

Le 13e corps aura le 28e de chasseurs, un régiment de marche qui se rend à pied à Hambourg pour y être monté, et le 17e lithuanien. Il faudra un général de division pour commander cette cavalerie.

Après avoir ainsi pourvu au commandement de la cavalerie attachée aux corps d’armée, vous me proposerez les généraux à placer pour commander les divisions et les brigades des quatre corps de cavalerie.

Il y a plusieurs généraux qu’il conviendrait de remplacer, tels que des généraux de brigade hollandais, qui n’ont jamais fait la guerre, ou de mauvais généraux de cavalerie.

Nous avons de bons généraux de cavalerie ; il faut chercher où ils se trouvent.

Mon intention est qu’il soit formé, dans chacun de ces quatre corps, un corps de partisans de 1 500 hommes, commandé par un général de brigade, qui ne recevrait que l’instruction générale de battre le pays pour éclairer la marche de l’armée et aller à la recherche des partisans ennemis. Il faudrait trouver pour ces commandements quatre hommes dans le genre du général Ameil1. Ces corps de partisans feraient partie respectivement d’un corps de cavalerie, de manière que, quand leurs hommes seraient fatigués, ils pourraient être relevés par d’autres détachements du même corps.2

1. Commandant la 2e brigade de la 6e division de cavalerie de réserve sous Arrighi.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 54. [C 20217]


35142 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35143 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 2 juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie les observations que j’ai faites sur le travail que le général Haxo1 a rédigé sur Hambourg. Communiquez-les à notre ministre de la Guerre et au général Haxo.2

Nap

1. François Nicolas Haxo, chargé le 10 juin 1813 de réorganiser la place de Hambourg.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35144 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 32). [BRD 2063]


35145 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Le corps polonais a été réorganisé par le décret du 27 juin 1813. Commandé par Poniatowski, il prend le no 8 dans l’ordre de la Grande Armée.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 46). [BRD 2064]


35146 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 47).


35147 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Le 1er bataillon du

35e

qui passe à

Mayence

le 6 juillet

le 1er bataillon du

131e

qui passe à

Mayence

le 15 juillet

le 1er bataillon du

36e léger

qui passe à

Mayence

le 22 juillet

enfin, le 1er bataillon du

132e

qui passe à

Mayence

le 15 août

Mon intention est que ces quatre bataillons s’arrêtent à Erfurt.

Aussitôt qu’un de ces bataillons sera arrivé, le commandant d’Erfurt1 dirigera sur l’armée tous les bataillons de marche qu’il a gardés jusqu’à présent.

Je suis bien aise d’avoir cette réserve de quatre bataillons organisée sur les derrières. Vous ferez connaître au duc de Tarente2 que la 31e division n’étant que de six bataillons, et venant de l’affaiblir en retirant les Napolitains, mon intention est que ces cinq bataillons ne forment plus qu’une brigade ; que j’y joindrai une brigade westphalienne. En conséquence, vous donnerez ordre aux 3 bataillons westphaliens qui sont ici d’en partir pour se rendre sous les ordres du duc de Tarente. Vous donnerez le même ordre aux deux bataillons qui sont à Buntzlau, ce qui fera une brigade westphalienne de cinq bataillons.

Vous donnerez ordre aux douze pièces westphaliennes qui sont avec le duc de Raguse de rejoindre cette brigade. Vous ordonnerez que tout cela se réunisse à Lauban entre Buntzlau et Lœwenberg où est le duc de Tarente. Recommandez à ce maréchal de les placer de manière qu’ils ne soient pas en contact avec le territoire autrichien, afin d’éviter la désertion.

Faites-moi connaître quand le général Lallemand ira rejoindre la cavalerie légère du 11e corps.

Donnez ordre que le 2nd régiment de chasseurs à cheval napolitain rejoigne le duc de Tarente qui, par ce moyen, réunira sous son commandement tous les Napolitains. Aussitôt que le 3e et le 4e escadrons auront rejoint l’armée, on les enverra au duc de Tarente qui aura ainsi 7 à 800 chevaux.3

Nap

1. Dalton.

2. Macdonald, commandant du 11e corps.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35148 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1

régiment westphalien

2

bataillons

les

3e et 6e

bataillons du 134e

2

4

bataillons de la 6e division bis

Donnez ordre que les 4 bataillons qui seront le plus complets et le plus en état, au 10 juillet, partent de Wesel pour Magdebourg

4

ce qui fera

8

bataillons

Il y aura en outre : 3 compagnies d’artillerie et un dépôt de cavalerie de 2 à 3 000 hommes.

Enfin le dépôt du corps du général Vandamme1 et un dépôt de convalescents et des hôpitaux, qui pourront toujours en cas de nécessité fournir 2 à 3 000 hommes, en ayant soin d’y avoir des armes.

La garnison de Torgau sera composée du 123e et du 124e, du dépôt du 12e corps, d’un dépôt de convalescents et des dépôts saxons.2

Np

1. Commandant du 1er corps de la Grande Armée.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 49).


35149 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 50).


35150 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 51).


35151 – AU GÉNÉRAL BOURCIER, COMMANDANT LES DÉPÔTS DE CAVALERIE DE MAGDEBOURG

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 55.


35152 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 2 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je désire confier le commandement de la cavalerie de ma Garde au général Nansouty1. Faites-moi connaître s’il pourra être rendu ici au 1er août et si à cette époque il sera en état de faire la guerre.2

Napoléon

1. Après la mort de Bessières, Ornano avait pris l’intérim à la tête de la cavalerie de la Garde. Nansouty prend le commandement fin juillet (voir ci-dessous, no 35670).

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 44). [BRD 2062]


35153 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES

Dresde, 2 juillet 1813

Mon cousin, vous trouverez ci-joint l’organisation que je viens de donner au 1er corps et au 13e corps. Le 13e reste tout entier à Hambourg1 ; le 1er se réunit à Magdebourg et à Wittenberg2. C’est donc sur Wittenberg qu’il faut diriger tous les 3es bataillons de la 3e division bis qui appartient au 1er corps, et sur Hambourg tous ceux qui appartiennent au 13e.3

Np

1. Sous les ordres de Davout.

2. Sous les ordres de Vandamme.

3. Expédition, collection privée (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328).


35154 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 39. [BRO 2060]


35155 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 40. [BRO 2061]


35156 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 2 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, le roi de Westphalie désire avoir des troupes françaises à son service : cette mesure me paraît indispensable. Je désire, en conséquence, que le baron Reinhard1 se rende près du roi et rédige une convention à cet égard.

La France fournira au roi les hommes nécessaires pour former : 1o un régiment de quatre escadrons de hussards, chaque escadron de 250 hommes, ce qui ferait un complet de 1 000 hommes à cheval ; tous les officiers et sous-officiers seront Français. Le roi fera la demande des officiers, avec lesquels il traitera de gré à gré. Ils passeront au service de Westphalie avec un grade supérieur à celui qu’ils ont au service de France. Après avoir été employés deux ans dans ce nouveau grade au service de Westphalie, ils seront susceptibles de le conserver dans l’armée française, s’ils y rentrent du gré du ministère de France et de celui de Westphalie. Les hommes, officiers et soldats, auront le même traitement qu’en France, tant pour la solde que pour les masses. Ils auront droit à des retraites et à des récompenses ; ils ne seront tenus de prêter aucun serment particulier, leur obéissance au roi étant suffisamment comprise dans leur serment comme Français et dans le serment qu’ils ont prêté à l’Empereur.

2o Il sera formé de la même manière le cadre d’une compagnie d’artillerie à cheval de 200 hommes. Les soldats du train seront des Westphaliens.

3o Enfin, aussitôt qu’il sera possible, on organiserait de la même manière un régiment d’infanterie légère de deux bataillons, chaque bataillon de six compagnies, chaque compagnie de 140 hommes, ayant une compagnie d’artillerie avec deux pièces de canon et une compagnie de dépôt. Ce régiment serait spécialement chargé de la garde de Cassel.

Dans le même traité, on pourrait aussi dire que le roi formera un escadron de gardes du corps de 250 Français, pour garder sa personne concurremment avec les gardes du corps westphaliens. Il pourra former ce corps de l’élite des Français qui auront été à son service, et d’hommes tirés, quand ce serait possible, des régiments de la Garde impériale. Pour les deux régiments d’infanterie légère, le roi pourrait avoir en France des recruteurs qui enrôleraient des hommes à prix d’argent : bien entendu qu’on ne prendrait pas d’hommes de la conscription. Quant au régiment de hussards ou chevau-légers français, aussitôt que la convention sera signée, je ferai fournir les hommes nécessaires, afin que le roi puisse les monter promptement et en former autour de sa personne un corps qui ait quelque consistance : ce régiment s’appellerait hussards de la garde.2

Np

1. Ministre de France en Westphalie.

2. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 42). [C 20215]


35157 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

1. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 43). [BRO 1158]


35158 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

Dresde, 2 juillet 1813

Mon amie, je réponds à ta lettre du 27 juin. J’ai envoyé le duc de Dalmatie1 en Espagne, pour y commander en place du roi qui n’est pas militaire et n’y entend rien. La duchesse2 fait fort mal les invitations, ce qui fait un très mauvais effet. Ainsi elle invite des personnes qui sont absentes depuis un mois de Paris, et même depuis 3, ce qui excite les moqueries et fait croire que ce travail des invitations est fait par un commis, et dès lors on ne se trouve plus flatté d’être invité. Remédie à cela. Arrête toi-même ta liste, car ta chère duchesse n’est pas bonne à grand-chose. Le général Cafarelli3 doit donner l’état des militaires et préfets qui sont à Paris, de manière à ne pas inviter une personne qui n’y serait pas.

Adio, mio bene. Donne 3 baisers au petit roi.4

Ton Nap

1. Voir ci-dessus, no 35116.

2. La duchesse de Montebello, née Louise Antoinette Guéhéneuc, veuve du maréchal Lannes et dame d’honneur de l’Impératrice, était accusée par Napoléon de commettre les maladresses ou manquements à l’étiquette faites par l’Impératrice elle-même. Caulaincourt est chargé de la remettre dans le droit chemin.

3. Auguste Caffarelli du Falga, gouverneur des Tuileries, et faisant fonction de grand maréchal.

4. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35159 – AU GÉNÉRAL MOUTON, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR, CHARGÉ DE LA GARDE IMPÉRIALE

il y a, je ne sais pas ce que ça veut dire, 22 officiers et 1 195 hommes du détachement dans l’arrondissement de l’armée,

1 217

732

hommes

en congé

732

1 949

hommes

On me porte à la division Barrois1 :

107

officiers

détachés

522

hommes

640

en congé

1 269

hommes

1 239

Ce qui fait un déficit de

3 2082

sans compter la brigade de flanqueurs

3 360

présents à l’armée

3 310

détachés

1 485

à Francfort

j’en vois

110

à Glogau ; j’avais donné ordre qu’ils revinssent

Cependant, le complet de ma cavalerie doit être :

2 500

lanciers de Berg

2 500

2e régiment de lanciers

1 750

1er régiment de lanciers

2 500

chasseurs

1 500

dragons

1 500

grenadiers

1 000

gendarmes d’élite

13 250

hommes

1. Commandant de la 2e division de la Jeune Garde.

2. Le compte exact est « 3 218 ».

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 52.


35160 – AU GÉNÉRAL SAVARY, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE

Dresde, 2 juillet 1813

Monsieur le duc de Rovigo, je vous ai déjà mandé qu’il fallait mettre dans le Moniteur tout ce que les journaux anglais publient sur les affaires de Sicile1. Il y a beaucoup d’articles que vous ne mettez pas et sur lesquels il faudrait appuyer, entre autres les violences exercées envers la reine Caroline2, qu’on a envoyée à Constantinople, et toutes les scènes qu’on a faites au roi3.4

Napoléon

1. Voir le Moniteur du 8 juillet 1813.

2. Marie-Caroline de Habsbourg, reine de Sicile est chassée de son royaume par les Anglais, elle se réfugie à Vienne.

3. Ferdinand IV, roi de Sicile.

4. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20116, d’après l’original communiqué par le duc de Mortemart (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 41).


35161 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 63.


35162 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 64).


35163 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 3 juillet 1813

Envoyez au général Bourcier copie du décret que j’ai pris pour la formation des 3 régiments de marche de cavalerie de Hambourg1. Faites-lui connaître que quand ces 4 escadrons seront arrivés, ce qui joint au 28e de chasseurs à cheval que j’ai ordonné de compléter à 1 250 hommes feront plus de 3 600 chevaux, il pourra retirer les 1 250 hommes qu’il a dernièrement renvoyés à Hambourg mais qu’il faut toujours les monter à Hambourg. Ainsi on montera à Hambourg, par les soins du prince d’Eckmühl :

2 400

hommes

des 3 régiments provisoires

1 250

hommes

envoyés de Hanovre

1 250

hommes

du 28e de chasseurs

500

dragons

envoyés d’Hanovre

total

5 400

chevaux,

ce qui fera

2 900

chevaux

de grosse cavalerie

1 750

chevaux

de cavalerie légère

et

750

chevaux

de dragons

Nombre égal

5 400

2

1. Voir ci-dessous, nos 35167 et 35170.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 65. Extrait [Catalogue de vente], Auktions, Historische autographen, cat. no 593, 9-10 juin 1970, p. 267, no 1036.


35164 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

1. Les négociations ne commenceront à Prague que le 12 juillet.

2. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 56).


35165 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 3 juillet 1813

Mon cousin, moyennant les pièces qu’a remises M. de Choiseul1, il n’y a rien à dire. Je ne vois pas de difficulté à ce qu’on l’emploie dans les gardes d’honneur2.3

Nap

1. Auguste de Choiseul-Beaupré qui avait quitté le service d’Espagne (voir Correspondance générale, vol. 13, no 34885).

2. Institués par le sénatus-consulte du 3 avril 1813 en vue de la reconstitution des unités de cavalerie particulièrement mises à mal pendant la campagne de Russie, les gardes d’honneur sont recrutés parmi la noblesse et les familles aisées (les intéressés doivent en effet s’habiller et s’équiper à leurs frais) ; réunis en quatre régiments, les gardes d’honneur sont rattachés à la Garde impériale.

3. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 57). [BRO 1159]


35166 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 3 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, le roi de Westphalie a besoin d’avoir un régiment de hussards français à son service1, car il n’a personne autour de lui, et le pays peut être agité de manière qu’il ne s’y trouve pas en sûreté. Mon intention est de lui fournir 1 200 hommes ; faites-moi connaître de quel dépôt on pourra les tirer. On les fera partir en pantalons et en vestes ; le roi les habillera et les montera. Il faut aussi lui donner des officiers ; vous prendrez mes ordres sur ceux qu’on pourrait lui accorder.2

Napoléon

1. Voir ci-dessus, no 35156.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 60). [C 20220]


35167 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 3 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret par lequel je forme 3 régiments provisoires de cuirassiers. Ces 3 régiments se formeront à Wesel des 12 4es escadrons des 12 régiments de cuirassiers. Ayez soin que l’escadron soit complet, et qu’il n’y ait aucun homme des départements de la 32e division1 ni de la Lippe2. Nommez pour commander ces régiments 3 colonels en 2nd ou majors, tous de l’ancienne France et ayant fait la guerre. Mettez le même soin dans la désignation des chefs d’escadron.

Les régiments fourniront les cadres et les hommes. Si le régiment ne pouvait pas fournir sur-le-champ les 200 hommes, il fournirait d’abord une compagnie. Mais ne devant pas monter ces hommes, je ne vois pas ce qui pourrait arrêter le régiment. Si vous étiez arrêté par quelques détails d’armement tels que cuirasses, il serait facile de les envoyer ou de faire prendre pour un régiment ce qu’il y aurait de trop pour un autre. Les escadrons qui sont près du Rhin s’embarqueront sur ce fleuve. Je désirerais que ces hommes pussent arriver à Hambourg du 25 au 30 juillet. Ayez soin qu’ils portent tous leur sabre, leur mousqueton, leurs pistolets : cela est nécessaire pour qu’ils puissent être utilisés à Hambourg pendant tout le temps qu’ils y resteront, et attendre qu’on puisse les monter. Ces 3 régiments, joints au 28e de chasseurs complété à 1 250 hommes, feront environ 2 650 hommes de cavalerie. En conséquence 1 250 hommes que le général Bourcier a envoyés à Hambourg pourront revenir à leurs corps aussitôt qu’ils seront montés ; mais en attendant, ils devront rester à Hambourg. Les 3 régiments provisoires formeront une brigade dite des cuirassiers de Hambourg. Il est nécessaire de nommer un général de brigade pour la commander et pour diriger tous les détachements, afin que vous n’ayez à correspondre qu’avec un seul homme pour cette formation. Donnez des ordres précis pour que tous les officiers et sous-officiers qui appartiennent à ces 4es escadrons se rendent à Hambourg, dans quelque lieu qu’ils soient, et que les cadres soient bien complets.

Je ne serais pas éloigné de former de ces 3 régiments des régiments définitifs3, et de placer leur dépôt, ainsi que celui du 28e à Hambourg. J’attendrai votre réponse là-dessus.

Je n’ai pas reçu depuis longtemps un état de situation des corps par ordre numérique.4

Napoléon

1. Par le décret du 3 avril 1813, la 32e division dont le siège est à Hambourg est soumis à un régime d’exception et a été mise hors de la constitution.

2. Administrativement rattaché à la 25e division militaire.

3. Ces régiments resteront provisoires (voir ci-dessus, no 35163 et ci-dessous, nos 35170 et 35178).

4. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 61).


35168 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 3 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 28. Je ne comprends encore rien aux affaires d’Espagne. Je ne sais pas si c’est une bataille que nous avons perdue1, quelles sont les troupes qui s’y trouvaient, ni où se trouvent aujourd’hui le roi et l’armée. Je suppose que le duc de Dalmatie2 aura quitté Paris quand vous recevrez cette lettre. Il faut avouer qu’il est difficile de comprendre de pareils événements avec une armée comme celle d’Espagne ; on ne peut les attribuer qu’à l’excessive ineptie du roi et de Jourdan.3

Napoléon

1. La bataille de Vitoria le 21 juin 1813. L’armée d’Espagne a perdu 150 pièces de canons, 400 caissons, tout le matériel et les bagages de l’armée, ainsi que le trésor et les archives de Joseph. En regard les pertes humaines furent équivalentes à celles des Anglo-Espagnols : environ 8 000 hommes.

2. Soult est nommé depuis le 1er juillet lieutenant-général des armées d’Espagne (voir ci-dessus, no 35112).

3. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 62). [LEC 1037]


35169 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

à Dresde

des hôpitaux pour

8 000

malades

des dépôts pour

2 000

convalescents

à Magdebourg

des hôpitaux pour

4 000

malades

des dépôts pour

2 000

convalescents

à Wittenberg

des hôpitaux pour

1 000

malades

des dépôts pour

1 000

convalescents

à Torgau

des hôpitaux pour

1 000

malades

des dépôts pour

1 000

convalescents

à Erfurt

des hôpitaux pour

4 000

malades

des dépôts pour

2 000

convalescents

à Leipzig

des hôpitaux pour

2 000

malades

des dépôts pour

1 000

convalescents

à Glogau

des hôpitaux pour

4 000

malades

des dépôts pour

2 000

convalescents

total

des locaux pour

24 000

malades

11 000

convalescents

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 66). [C 20219]


35170 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 3 juillet 1813

Mon cousin, vous trouverez ci-joint un décret pour former une brigade provisoire de cuirassiers de Hambourg1. Elle sera composée de 3 régiments provisoires formés avec les 4es escadrons des 12 régiments de cuirassiers ; ce qui fera 12 escadrons qui, complétés chacun à 200 hommes, porteront la force de cette brigade à 2 400 hommes.

Ces escadrons se rendront à pied à Hambourg. Les hommes seront habillés et armés de leurs mousquetons et pistolets.

Vous prendrez sur-le-champ des mesures pour les monter et les équiper. Je suppose que vous trouverez à Hambourg des moyens pour faire des selles.

J’ai ordonné qu’un détachement du 28e régiment de chasseurs qui était à Leipzig se rendît sur-le-champ à Hambourg pour rejoindre son régiment qui s’y réunit. Je vous ai prévenu qu’on vous envoyait de France le nombre d’hommes nécessaire pour porter ce régiment à 1 250 hommes ; d’un autre côté le général Bourcier vous a envoyé 1 250 hommes à monter, ainsi vous avez à monter et à équiper :

2 400

hommes

des trois régiments provisoires

1 250

hommes

envoyés de Hanovre

1 250

hommes

du 28e de chasseurs

500

dragons

envoyés de Hanovre

total

5 400

chevaux

Lorsque la brigade provisoire et le 28e de chasseurs vous seront arrivés à Hambourg, il est probable que vous renverrez à leur régiment les 1 250 hommes du général Bourcier, mais en attendant, occupez-vous de les monter. Il faut profiter du voisinage du Holstein pour se procurer des chevaux. Enfin il faut en réunir autant que vous pourrez, par réquisition et de toutes les manières.

Il faudrait avoir un bon général de division pour commander la brigade provisoire.

Si les hostilités venaient à commencer et que ces 3 à 4 000 cavaliers ne fussent pas encore montés, ce n’en serait pas moins un bon renfort et vous emploieriez ces hommes au service du canon ou à tout autre service, mais si l’armistice se prolonge jusqu’au 15 août, j’espère que vous aurez monté tout cela.2

Np

1. Voir ci-dessus, nos 35163 et 35167.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121).


35171 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 68).


35172 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

Dresde, 3 juillet 1813

Mon fils, je reçois votre lettre par laquelle vous me faites connaître que vous avez fait un traité pour l’envoi de 5 000 quintaux de riz à Augsbourg, à raison de 46 francs. Nous trouvons ce prix cher, vu que nous en avons à 43 francs1. Cependant, si le marché est entamé, faites-le continuer. Vous estimez à 8 francs le transport d’Augsbourg à Dresde. Ce transport sera de plus de 20 francs, ce qui nous fera donc revenir à 66 francs le riz à Dresde. Ces 5 000 quintaux n’en sont pas moins précieux. Si vous pouvez en avoir 5 000 autres, rendus à Augsbourg, mais seulement à 42 francs, vous êtes autorisé à en passer le marché. Le riz que nous achetons à Francfort et à Mayence ne nous coûte que 42 francs2.3

Napoléon

1. « 42 francs » dans la minute (Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 69).

2. « 40 francs » dans la minute (Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 69).

3. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 93 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 69).


35173 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 93 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 70).


35174 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

1. Expédition, The Newberry Library, The Spencer Napoleonica collection, s. 1, b. 12, fol. 1113 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 71). [C 20221]


35175 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 3 juillet 1813

Monsieur le comte Le Marois, vous avez plein pouvoir à Magdebourg. À la moindre opposition de la part des habitants ou du préfet1, vous devez mettre la ville en état de siège et en prendre la police. Si le bâtiment de la douane peut servir pour hôpital, vous avez bien fait de le prendre, mais vous n’avez pas assez d’hôpitaux. Dans toutes les guerres, et surtout dans celle-ci, où la force de l’ennemi est dans sa cavalerie légère, c’est dans les places fortes qu’il faut placer les hôpitaux. Marchez donc vivement et faites-vous obéir.

Si le fort de Werben ne peut pas être mis en état avant la fin du mois, il ne faudrait y rien faire ; cela y attirerait l’ennemi, qui déferait ce que nous aurions fait, ce qui est toujours une insulte.

En prenant la douane, vous ne faites plus d’écuries que pour 1 500 chevaux ; dans une ville comme Magdebourg, il me paraît bien extraordinaire que vous ne trouviez pas des écuries pour 500 chevaux. Marchez avec activité et convertissez tout Magdebourg en hôpitaux, en écuries, en arsenaux et en logements de troupes.2

Napoléon

1. Magdebourg est la préfecture du département de l’Elbe dans le royaume de Westphalie. Le préfet est Joseph Claude Anne Legras de Bercagny, préfet du palais de Jérôme.

2. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20219, d’après l’original communiqué par le comte Le Marois (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 58).


35176 – AU GÉNÉRAL SAVARY, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 59. [LEC 1038]


35177 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 4 juillet 1813

Mon cousin, le prince de Reuss1, qui était à la 5e division, étant rentré chez lui pour se reposer, il faudrait envoyer un adjudant-commandant à cette division. Il faudrait aussi y envoyer deux généraux de brigade ; je vois qu’il n’y en a pas.2

Np

1. Henri LXI, prince de Reuss-Schleiz.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 76). [BRD 2066]


35178 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1re brigade

3

bataillons de la

11e

demi-brigade provisoire

2

bataillons de la

13e

demi-brigade provisoire

4e

bataillon du

11e

régiment qui est à Wittenberg

6

bataillons

2nde brigade

Les 5

bataillons westphaliens

2

bataillons du

3e

Westphalien qui arrive de Magdebourg

7

bataillons

3e brigade

4

bataillons napolitains

Total

17

bataillons

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 77.


35179 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 78).


35180 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 79). [C 20222]


35181 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Voir ci-dessus, no 35123.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 74).


35182 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 75).


35183 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 80). [BRD 2065]


35184 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 80. [BRO 2067]


35185 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 82).


35186 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Le capitaine d’artillerie Louis Pailhou.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 84).


35187 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 87).


35188 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES

1. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 85). [C 20223]


35189 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES

1. Berthier.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 86.


35190 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 83).


35191 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

1. Le département de l’Elbe du royaume de Westphalie.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 72. [BRO 1160]


35192 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC1

Dresde, 4 juillet 1813

Monsieur le comte Mollien, par le décret que j’ai pris aujourd’hui, j’ai extrait un million du fonds de réserve du ministère de la Guerre, et je l’ai mis à la disposition du ministre pour les besoins de l’armée d’Espagne2, artillerie, génie et autres chapitres, à l’exception de la solde. J’ai extrait de même 5 millions du fonds de réserve de l’Administration de la guerre. Comme les circonstances sont pressantes, vous pourrez toujours tenir 500 000 francs à la disposition du ministre de la Guerre et 1 million à la disposition de celui de l’Administration de la guerre. Ces sommes seront comprises dans la distribution de juillet.3

Np

1. Voir ci-dessus, no 35190.

2. Voir ci-dessus, no 35182.

3. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 73).


35193 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

1. Commandé par Macdonald.

2. Copie, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35194 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

1. Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35195 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Macdonald, chef du 11e corps.

2. Lieutenant-général saxon, conseiller militaire du roi de Saxe.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 97). [BRD 2072]


35196 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Mon cousin, écrivez au roi de Bavière pour qu’il vous fasse connaître avec quelle partie de ses forces actives le général de Wrede1 pourrait entrer en Bohême, si, dans le cas où l’Autriche nous déclarait la guerre, le théâtre de la guerre se portait sur Prague, tandis que le vice-roi entrerait en Styrie.2

Napoléon

1. Carl-Philipp von Wrede (1767-1838), feld-maréchal bavarois.

2. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20228, d’après l’original du dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 98).


35197 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie le procès-verbal d’enquête sur Spandau du 5 juillet 18131. J’approuve la composition du conseil de guerre que vous proposez en changeant le général Rogniat qui, ayant été de la commission d’enquête, ne peut être juge. J’ai mis en place le général comte Laborde. J’ai ôté le duc de Dalmatie. Faites terminer cette affaire le plus tôt possible.2

Nap

1. La place de Spandau avait dû capituler le 24 avril, Bruny obtenant néanmoins le renvoi sans armes de ses soldats en France. Napoléon avait demandé l’établissement d’une commission d’enquête (voir Correspondance générale, vol. 13, nos 34091 et 34150).

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 99).


35198 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 100.


35199 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20225, d’après l’original communiqué par le dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 102). Extrait [Catalogue de vente], J. Livinec, Ch. Pincemin et X. Gauducheau, commissaires-priseurs, Timbres-postes, autographes et divers, Rennes, 7 juin 1999, no 300.


35200 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 103.


35201 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Mon cousin, il faudrait que le général de gendarmerie eût une correspondance avec le commandant de gendarmerie du duc de Reggio, afin d’avoir des rapports de tout ce qui arrive de Berlin et l’interrogatoire qu’il fera subir à cet effet aux voyageurs.

Écrivez au général La Poype, à Wittenberg, et aux commandants de Torgau1 et de Dessau, d’interroger tout ce qui passerait l’Elbe, venant du côté de la Prusse, pour avoir des nouvelles de l’ennemi.

Pressez le commandant de Torgau d’accélérer le départ de l’artillerie de Torgau pour Wittenberg, et chargez le général La Poype de faire mettre sur-le-champ cette artillerie en batterie.

Donnez-moi un état général (en le faisant mettre sur la carte) de toutes les positions qu’ont choisies les commandants, depuis Hambourg jusqu’à la Bohême, pour établir des maisons retranchées. Instruisez le commandant du génie2 des dix à douze mille outils qui sont arrivés à Torgau, pour qu’il puisse s’en servir pour ses travaux.3

Napoléon

1. Le général Avril commande depuis mai la ville et Lauer la forteresse.

2. Rogniat.

3. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20226, d’après l’original communiqué par dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 104).


35202 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 105). [BRD 2073]


35203 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20227, d’après l’original communiqué par dépôt de la Guerre (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 106).


35204 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

1. Napoléon souhaite mettre les biens du duché de Frioul sous tutelle jusqu’à la majorité d’Hortense Duroc, fille unique et héritière de Duroc tué en mai (voir Correspondance générale, vol. 13, no 34929). Cambacérès est chargé d’établir un règlement qui généralisera la procédure d’établissement des conseils de tutelle en cas de minorités des titulaires.

2. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 88). [BRO 1162]


35205 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328.


35206 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, j’attends avec impatience des renseignements de l’armée d’Espagne. J’ai donné au duc de Dalmatie1 toute l’autorité nécessaire pour réorganiser l’armée. J’ai défendu au roi d’Espagne de se mêler de mes affaires2. Je suppose que le duc de Dalmatie renverra aussi le maréchal Jourdan.

À moins que les pertes ne soient plus considérables que je ne le sais en ce moment, j’espère que 100 000 hommes vont se trouver réunis sur la Bidassoa et aux débouchés de Jaca ; et qu’aussitôt que vous aurez pu réunir quelque artillerie et quelques transports3, le duc de Dalmatie se portera en avant pour délivrer Pampelune et rejeter les Anglais au-delà de l’Èbre. Cependant je suis dans l’obscur des événements ; je ne sais pas encore bien ce qui s’est passé.4

Napoléon

1. Soult a été nommé lieutenant-général de l’armée d’Espagne (voir ci-dessus, no 35112).

2. Voir ci-dessus, no 35139.

3. Le bilan matériel de Vitoria est désastreux. La quasi-totalité de l’artillerie et des convois de l’armée d’Espagne (dont le trésor et les archives du roi Joseph) sont restés aux mains des Britanniques.

4. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 95). [C 20229] La lettre publiée dans la Correspondance porte par erreur le nom de Lacuée comme destinataire.


35207 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 96).


35208 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 112). [C 20231]


35209 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le comte Daru, le général Lauriston1 se plaint de ce que les ordonnances qui ont été délivrées aux régiments pour leurs ambulances régimentaires n’ont pas été soldées par le payeur.2

Nap

1. Commandant du 5e corps de la Grande Armée.

2. Expédition, Archives nationales, 138 AP 27, fonds Daru, no 435 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 113).


35210 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 27 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 114).


35211 – AU GÉNÉRAL DUROSNEL, GOUVERNEUR DE DRESDE

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le général Durosnel, je vous envoie un rapport du baron Serra1. Il aurait été bien intéressant de pouvoir arrêter ces individus. Voyez s’il en est encore temps. Prenez des mesures pour qu’on arrête toutes les personnes venant de Berlin, surtout celles qui pourront donner des renseignements sur la situation des armées.2

Nap

1. Charles-François Serra, ministre de France auprès du roi de Saxe.

2. Expédition, Archives nationales, 400 AP 140. [BRO 1164]


35212 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 93 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 120).


35213 – AU MARÉCHAL GOUVION-SAINT-CYR

Dresde, 5 juillet 1813

Je vous destine à commander un corps d’observation1 qui serait porté de 30 à 60 000 hommes, selon les circonstances, et qui, de Kœnigstein, manœuvrerait sur les deux rives de l’Elbe et pourrait déboucher sur un corps qui, de Bohême, se porterait sur Dresde par Neustadt, Zittau ; ou bien qui, par la rive gauche, s’y porterait par Peterswalde ou Karlsbad. Je désire donc que vous alliez reconnaître Kœnigstein ; que vous y voyiez les ouvrages que j’ai fait faire ; que vous reconnaissiez les trois débouchés qui vont sur Stolpen, Schandau et Krossen. Je désire que vous donniez vos instructions aux ingénieurs sur la manière d’être maître du grand défilé.

Voyez également sur la rive gauche les communications de Kœnigstein avec les routes qui de Dresde vont à Peterswalde, et la manière de s’assurer du passage des ravins. Voyez les positions à occuper entre Peterswalde et Dresde, parcourez toute la frontière le long de la Bohême et voyez tous les débouchés qui s’y trouvent ; on m’assure qu’il y en a onze, mais qu’il n’y en a qu’un qui puisse servir aux mouvements d’une grande armée. Parcourez toutes ces localités sans faire connaître votre grade ; étudiez le terrain, et poussez même jusqu’au débouché qui de la Bohême descend sur Hof.2

Napoléon

1. Gouvion-Saint-Cyr est en convalescence depuis mars, il obtiendra le commandement du 14e corps de la Grande Armée début août.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 117. [C 20230]


35214 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES1

Dresde, 5 juillet 1813

Mon cousin, faites connaître au duc de Darmstadt2 que le décret par lequel j’ordonnais qu’il fût coupé des arbres dans les forêts de ses États pour l’armement de Mayence avait été motivé par l’urgence des circonstances, mais que les circonstances ayant changé, ce décret doit être considéré comme suspendu.3

Np

1. L. de Brotonne (Lettres inédites de Napoléon Ier, Paris, Honoré Champion, 1808, t. 2, p. 475, no 1165) attribue par erreur cette lettre à Berthier.

2. Louis Ier de Hesse-Darmstadt.

3. Expédition, collection privée (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328). [BRO 1165]


35215 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES

Dresde, 5 juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 3 juillet. Je suppose que vous avez reçu la formation du 1er et du 13e corps1, et que vous aurez dirigé, en conséquence, les 3es bataillons des régiments qui font partie du 1er corps sur Magdebourg au lieu de Hambourg. J’ai demandé 4 bataillons de la 6e division (bis) pour tenir garnison à Magdebourg, et j’ai ordonné de faire partir les cadres les plus complets au 10 juillet. Ayez soin qu’ils soient partis le 11.

J’apprends avec plaisir que les effets d’habillement commencent à arriver. Envoyez-en à Francfort, pour habiller les hommes isolés.

Faites-en former de bons bataillons de marche d’un millier d’hommes chacun, et dirigez-les sur Dresde. Vous réunirez, autant que possible dans le même bataillon, les hommes du même corps d’armée.

Envoyez-moi l’état des fusils que vous avez expédiés sur l’armée. Nous en avons besoin de vingt ou trente mille.2

Np

1. Voir ci-dessus, nos 35104, 35105 et 35125. Ces corps sont confiés à Vandamme et Davout.

2. Expédition, collection privée.


35216 – À LA BOUILLERIE, TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COURONNE ET DU DOMAINE EXTRAORDINAIRE

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le baron La Bouillerie, tenez à la disposition du maréchal duc de Reggio1 la somme de cent cinquante mille francs en bons de la Caisse d’amortissement2 remboursables en 1814. Vous la porterez sur le Domaine extraordinaire, budget de 1813 des gratifications.3

1. Oudinot, commandant du 12e corps.

2. Créée le 27 novembre 1799, la Caisse d’amortissement devait à l’origine diminuer la dette publique par l’amortissement de la rente. Cette vocation première vite abandonnée, elle sera en définitive amenée à gérer divers fonds publics et à prendre en charge la vente des biens nationaux dont elle anticipe les recettes en émettant des bons dits « bons de la Caisse d’amortissement » portant intérêt et pouvant être proposés en paiement des dettes de l’État. La vente des biens communaux décidée en 1813 pour équilibrer le budget de l’État s’accompagne ainsi d’une importante émission de bons que l’Empereur souhaite utiliser au plus vite malgré les craintes de Mollien qui redoute une dépréciation rapide de ces effets publics. Comme le pressentait le ministre, les bons seront mal accueillis, ce qui obligera Napoléon à en faire acheter par les caisses du Trésor de la Couronne et du Domaine extraordinaire notamment. Autrement dit, il fut contraint de se prêter à lui-même pour ne pas compromettre les équilibres financiers de son Empire.

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 90. [BRO 2069]


35217 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Cote M. M. 40-47, no 2562 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 107).


35218 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Cote M. M. 40-47, no 2569 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 108). [BRO 1163]


35219 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Voir ci-dessous, no 35227.

2. Expédition, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Cote M. M. 40-47, no 2564 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 109).


35220 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 110).


35221 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 111).


35222 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 5 juillet 1813

Je réponds à votre lettre du 2. Les fusils de rempart1 sont très bons pour la défense d’Erfurt, dont l’enceinte flanquée de tours nécessite l’usage de cette arme, qui peut y être beaucoup plus utile que dans une place comme Magdebourg. J’avais ordonné, par mon décret du 27 juin, que cette dernière place fournirait à Erfurt 60 fusils de rempart. Mais comme vous n’en avez en ce moment que 90, vous en garderez 50 et n’en fournirez que 40 à Erfurt.2

Napoléon

1. Les fusils de rempart se distinguent de ceux employés par l’infanterie par la longueur du canon, le poids et le calibre de la balle. Il est muni d’une fourche à pivot permettant de manipuler l’arme.

2. Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35223 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 5 juillet 1813

Je vois avec plaisir que vous avez 3 000 ouvriers employés à la place de Werben. J’ordonne à mon officier d’ordonnance Laplace de s’y rendre. Envoyez-y l’officier du génie Barailon1 qui a votre confiance. Activez les travaux de tous vos moyens. Si l’on pouvait palissader la place à la fin de juillet, il faudrait l’armer sur-le-champ. Il faut faire des blindages pour mettre les poudres et les magasins de la place à l’abri. Nommez-y un major pour y commander. Comme j’ai ordonné que la 40e division se réunisse sur ce point, le général Thiébault qui la commande accélérera l’armement et les travaux de cette place. Quand croit-on qu’on pourra y mettre des canons et qu’elle sera en état de défense ?

 

P.S. Envoyez 100 000 boisseaux d’avoine à Dresde par eau ; ce sera pour la cavalerie de la Garde qui en manque.2

1. Jean-François Barailon, major, nommé colonel le 13 juillet suivant.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 91.


35224 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, faites connaître au baron Alquier1 que j’approuve son projet de faire sur Dantzig2 des expéditions de plusieurs bâtiments de trente tonneaux3. Je vois que l’expédition d’un de ces bâtiments ne coûtera que 3 ou 4 000 francs. Comme j’ai donné 50 000 francs pour cet objet, il pourra donc en faire partir dix ou douze.

Mon intention est qu’il parte un de ces bâtiments successivement, toutes les semaines. Chacun d’eux portera :

1o une lettre en chiffre du baron Alquier au gouverneur, le général Rapp, dans laquelle il lui fera connaître la position des affaires de l’Europe ; à cet effet, vous enverrez au baron Alquier le chiffre dont le major-général se sert avec le général Rapp ;

2o la suite des Moniteur et des gazettes de Copenhague depuis le 1er mai jusqu’à l’époque du départ du bâtiment ;

3o du vin, du rhum, de l’eau-de-vie, des médicaments, du riz, des harengs, enfin tout ce que pourra porter le bâtiment en objets de nature à être utiles à la garnison. Arrivée à Danzig, la cargaison appartiendra au patron, qui la vendra ce qu’il pourra. Il serait de la plus grande importance de faire arriver à Danzig de la viande salée, du poisson sec et autres choses qui peuvent remplacer la viande, ainsi que du riz.

Quant aux gratifications, le patron recevrait à son arrivée 2 400 francs du général Rapp, ce qui serait porté dans la lettre chiffrée, et 2 400 francs à son retour à Copenhague. Ces 4 800 francs ne feraient point partie des frais de l’expédition, et dès lors ne seraient pas pris sur le fonds de 50 000 francs pour lequel un crédit sera ouvert au baron Alquier. L’expédition de dix bâtiments, à 3 000 francs pour chacun, ne ferait que 30 000 francs ; mais il lui est ouvert un crédit de 50 000 francs, afin qu’il puisse faire partir des bâtiments d’un port plus considérable, qui porteraient une plus grande quantité de riz, de poissons secs, de beurre, etc.

Faites connaître au baron Alquier qu’il a carte blanche pour cet objet, et qu’il est inutile qu’il perde un temps précieux à consulter. Le prince de Neuchâtel lui enverra des lettres pour le général Rapp ; mais, dans le cas où il n’en aurait point reçu, il n’en fera pas moins partir chaque semaine un bâtiment. C’est une grande consolation pour une garnison que de recevoir des nouvelles par les lettres d’un homme accrédité comme ambassadeur.

Vous manderez de plus au baron Alquier que ces expéditions ne peuvent pas être considérées comme un moyen d’approvisionnement pour cette place et sont seulement des moyens de communication ; mais qu’il doit y avoir des moyens de pourvoir à cet approvisionnement, surtout vers l’arrière-saison, quand les glaces obligeront les Anglais à s’éloigner. Les expéditions de ce genre doivent être des affaires d’or pour ceux qui les feront.

Voici les principes sur lesquels elles pourraient être faites : le baron Alquier s’engagera à payer un prix qu’il stipulera pour chaque quintal métrique de blé, de riz, de viande salée, de poissons secs, etc., ou pour chaque barrique d’eau-de-vie, de rhum ou de vin, etc., qui serait introduit dans Danzig. Des marchandises coloniales pourraient aussi y être introduites ; vous lui ferez connaître qu’il peut fixer ces prix au double, et même au quadruple de ce que valent en temps ordinaire les mêmes objets vendus à Danzig ; mais que tous les risques de l’expédition doivent être au compte de l’armateur. En prenant des papiers prussiens, ces expéditions n’offriront presque aucun danger pour des marins habiles qui pourront entrer de nuit dans Dantzig.

Les bâtiments pourront se charger, à leur retour, de bois et de tout ce que Danzig fournirait. Les objets livrés à Danzig seront payés comptant, à Copenhague, sur le vu des récépissés du général Rapp. Les fonds pourraient être déposés d’avance chez un banquier danois. Au reste, tous les risques doivent être au compte de l’armateur, sans quoi on ne pourrait réussir. L’opération doit être faite assez en grand pour faire entrer dans Danzig 5 ou 6 millions de rations de vivres, en blé, riz, viande salée, etc. ; à cet effet, il y sera employé 3 ou 4 millions de francs.

N  35224, lettre du 5 juillet 1813, à Maret, Archives nationales, minute, Archives de la Secrétairerie d’État et du cabinet de Napoléon I , AF IV 901, juillet 1813, n  93.

No 35224, lettre du 5 juillet 1813, à Maret, Archives nationales, minute, Archives de la Secrétairerie d’État et du cabinet de Napoléon Ier, AF IV 901, juillet 1813, no 93.

Si un armateur voulait lier son opération avec l’introduction des denrées coloniales en France, cela pourrait avoir lieu ; mais tout doit être calculé en argent pour connaître à quoi s’en tenir. Le mieux serait donc de ne traiter que pour de l’argent et à prix fixe. Le baron Alquier doit pouvoir trouver facilement des Danois, et même des Suédois, qui entreprendront cette spéculation.

Quant au fort de Weichselmünde, il n’y a pas de doute qu’il est en notre pouvoir ; s’il n’y était pas, il serait aussi impossible d’entrer par mer dans Danzig que dans Magdebourg. On pourrait donc stipuler dans le traité que les pertes occasionnées par suite de la prise de Weichselmünde par l’ennemi ne seraient pas au compte de l’armateur.

Quoique Danzig soit bien approvisionné, cette place est d’une si grande importance, que le baron Alquier doit avoir carte blanche pour cette opération.

Recommandez-lui de traiter cette affaire très secrètement ; il doit employer des agents habiles et ne rien épargner. Chacun des bâtiments expédiés pour cet approvisionnement porterait aussi une lettre chiffrée de lui et des journaux.

Comme j’attache à cette opération la plus haute importance, je désire que vous envoyiez à Copenhague quelqu’un qui soit bien au fait des affaires maritimes, pour être chargé de toute la comptabilité de cette opération sous les ordres du baron Alquier. Je n’aime pas que mes ministres aient des fonds entre leurs mains ; le baron Alquier dirigera toute l’opération ; mais la personne que vous enverrez, et qui doit être d’une probité reconnue, tiendra la caisse ; mais ceci ne s’applique qu’à la grande opération de l’approvisionnement. Pour la première opération sur le fonds de 50 000 francs, cela ne vaut pas la peine. Je suis convaincu que d’ici au mois de novembre Danzig peut être approvisionné par le Danemark et la Suède pour six mois.

Suivez cette affaire avec la plus grande activité. Écrivez tous les jours au baron Alquier, et faites-lui connaître que je compte sur 5 à 6 millions de rations de vivres d’ici au 1er décembre.4

Np

1. Ambassadeur de France à Copenhague depuis le 6 novembre 1811.

2. Commandé par Rapp, la ville subit le blocus des troupes russes.

3. Selon l’armistice de Pleiswitz, les places fortes (Dantzig, Modlin, Zamosc, Stettin et Custrin) assiégées doivent être ravitaillées tous les 5 jours par les troupes qui en font le blocus. Napoléon tente de ravitailler la ville en affrétant des navires privés.

4. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791. Note sur ce qui tient lieu de minute (Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 93) : « La minute de cette lettre a été brûlée à l’armée. » [C 20224]


35225 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 5 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, écrivez à mon ministre à Wurtzbourg1 de vous instruire exactement de l’arrivée des troupes du corps d’observation de Bavière ainsi que [de] celle des généraux et de l’artillerie de ce corps.2

Np

1. Germain de Montforton, officier d’ordonnance de Napoléon, est envoyé extraordinaire à Wurtzbourg depuis avril 1813.

2. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 94). [BRD 2071]


35226 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

1. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35227 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

1. Voir ci-dessus, no 35219.

2. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 89). [BRD 2068]


35228 – AU GÉNÉRAL MOUTON, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR, CHARGÉ DE LA GARDE IMPÉRIALE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 92. [BRO 2070]


35229 – AU MARÉCHAL OUDINOT, COMMANDANT LE 12E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Voir ci-dessus, no 35216.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 115.


35230 – AU MARÉCHAL OUDINOT, COMMANDANT LE 12E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 116.


35231 – AU MARÉCHAL OUDINOT, COMMANDANT LE 12E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Comme je l’ai dit hier, je ne trouve pas le camp retranché1 et les ouvrages de la rive droite assez avancés pour entreprendre le camp retranché de la rive gauche. Qu’est-ce que les ouvrages de ce camp ? Ils ne forment pas un camp retranché ; le dispositif n’en est pas bon : un cercle qui refuse ses ailes est une mauvaise disposition de guerre. Sur la rive droite, j’ai voulu un camp retranché, parce qu’on peut supposer que des circonstances de guerre pourraient m’obliger à défendre la rive droite et à y mettre 50 à 60 000 hommes. Je ne peux plus comprendre le camp retranché sur la rive gauche ; la droite en aval et la gauche en amont : j’y serais bloqué et je perdrais mes communications avec la France. Si des circonstances de guerre m’obligeaient à prendre sur cette rive la position d’un camp retranché, j’en choisirais la direction, non pas le long de la rivière, mais dans le sens perpendiculaire à son cours. Ce dispositif ne servira donc à rien. Je ne dois ni ne peux prévoir le cas où je serais obligé de défendre la rive gauche en me jetant sur la rive droite : aussi n’est-ce pas un camp que j’ai voulu faire, mais les faubourgs que j’ai voulu couvrir. Au reste, on ne peut couvrir ces derniers contre une attaque sérieuse, et c’est mal s’engager que d’entreprendre une chose qui ne serait pas possible.

La place a 1 200 toises de pourtour ; il y a une escarpe et une contrescarpe ; la partie démolie peut être dans un état tel, qu’elle force l’ennemi à ouvrir la tranchée, et, en supposant qu’il arrive par la rive droite et qu’il vienne opérer sur la rive gauche, les ponts, magasins, hôpitaux, manutentions sont en sureté : c’est le résultat d’une place forte ; il ne faudrait que de 3 à 6 000 hommes pour la remplir. Si dans une guerre l’ennemi avait une cavalerie plus nombreuse que la nôtre (ce qui le porterait à hasarder la sienne, surtout si elle lui était inutile un jour de bataille), et qu’elle eût l’instinct de ce genre d’opérations, la place de Dresde rendrait-elle ses faubourgs, cette cavalerie eût-elle les pièces légères qu’elle conduit à sa suite ? Non. Il n’est pas de commandant sachant son devoir qui voulût céder les faubourgs à de la simple cavalerie. Seulement il faut aider ce commandant ; c’est le seul but que je me suis proposé. Il faut lui préparer des fermetures, de manière que la population et les ressources des faubourgs soient à l’abri de toute attaque de la cavalerie légère. C’est ce qui me porte à penser que créneler les murs, s’assurer des communications pour que des pièces de campagne puissent parcourir au trot l’enceinte des faubourgs, fermer par des palanques les ouvertures où il n’y a pas de murs, ne conserver que 6 ou 8 issues pour la circulation publique, forme l’ensemble de ce qui est à exécuter pour préparer la défense des faubourgs. Les sorties devront être fermées par de bonnes barrières et couvertes avec des tambours en charpente ; les maisons doivent être crénelées, et l’on doit désigner à l’avance celles à occuper. En cas d’insuffisance des murailles, on aurait des palanques. Le génie demande pour cela 20 000 palissades ; c’est tout ce que l’on peut demander.

Tous ces ouvrages une fois faits, on sera toujours à temps de placer des lunettes en avant des débouchés qu’on laissera ouverts. Ainsi, en résumé, je demande un projet qui rende impraticables toutes les issues qui des faubourgs conduisent à la campagne ; il y en a aujourd’hui quarante à soixante ; je demande qu’elles soient rendues impraticables en 1re et en 2e ligne, et qu’il n’y ait que six portes au moins et douze au plus ; les postes qui les garderont devront pouvoir communiquer entre eux et le long des fossés où est la palanque, de manière que le service des faubourgs se fasse comme celui de la place.

Je pense que, pour le moment, c’est tout ce que l’on peut entreprendre. Quand cela sera exécuté, je verrai ce qu’il y aura à faire. Je tiendrais également au projet d’abandonner le faubourg que j’habite, dans le cas où la garnison se trouverait trop faible pour le défendre, et de se retirer derrière la petite rivière, où une seule issue, comme le pont, est suffisante.

Cette manière d’envisager la question est la plus naturelle ; elle donne moins d’ouvrage ; elle donnera une meilleure défense, parce que des maisons qui auront des vues sur les points à défendre et des murs qui seront crénelés seront toujours plus fortes qu’une simple palanque. Il me faut donc un projet pour ce système de défense.2

Napoléon

1. La note porte sur le camp retranché de Dresde.

2. Copie d’expédition, collection privée.


35232 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 5 juillet 1813

Le général Vandamme1 ayant amené avec lui de Hambourg une batterie de réserve attelée, aura ses deux batteries en recevant celle qui était destinée au 11e corps ; mais alors il en manquera une au 11e corps. Le personnel, les attelages et les caissons de cette dernière batterie existent déjà à Magdebourg ; il n’y manque donc que les bouches à feu. Mais il y a à Magdebourg des obusiers de 6 pouces, 4 pouces et des pièces de 12. Ainsi faites former de suite cette 2e batterie pour le 11e corps et donnez ordre qu’elle vienne à Dresde. Faites-moi connaître quand les trois batteries à cheval qui restent à fournir à Magdebourg, savoir :

1

au

11e

corps

1

au

1er

corps de cavalerie

et

1

au

2e

seront fournies.

Je suppose que vous avez déjà donné au général Vandamme une batterie à cheval.

Il est important que toutes les batteries qui restent à fournir partent de Magdebourg avant le 8 puisque nous voilà bientôt au terme de l’armistice et qu’il ne faut pas que pour cette époque elles soient toutes rendues à leurs corps d’armée.

Faites-moi connaître les revirements de compagnies que vous faites, tant dans les corps d’armée que dans les places non investies, pour que toutes les batteries qui restent à fournir, tant par Magdebourg que par Wesel, aient leur personnel assuré.2

Napoléon

1. Commandant du 1er corps depuis le 1er juillet.

2. Copie, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35233 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

1. Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35234 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 6 juillet 1813

Mon cousin, demandez un nouveau bataillon de 1 000 hommes au grand-duc de Wurtzbourg1. Il peut retirer les détachements placés pour la garde des ponts sur le Main, et, comme ce sont de vieux soldats, les incorporer dans ce bataillon qui sera dirigé sur Torgau.2

Np

1. Louis Ier.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 139).


35235 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 6 juillet 1813

Mon cousin, donnez ordre au duc de Castiglione1 d’envoyer des officiers du génie et d’état-major pour reconnaître deux bonnes positions, dont l’une couvrirait les débouchés de Hof et de Plauen sur la Bohême, et l’autre les débouchés de Bayreuth. Il faut qu’il fasse reconnaître tous les débouchés sur la Bohême, depuis le Danube jusqu’à Hof.2

Nap

1. Augereau, commandant du 9e corps ou corps d’observation de Bavière.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 140). [C 20239]


35236 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 141).


35237 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 142).


35238 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 143). [C 20238]


35239 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 6 juillet 1813

Mon cousin, j’ai ordonné que des réquisitions fussent faites dans les départements environnant Bayonne pour les besoins de l’armée d’Espagne. Le comte Mollien qui a des copies de mes décrets les mettra sous vos yeux.

Dans la distribution que j’ai signée pour le mois de juillet, j’ai ouvert un crédit en bons de la Caisse d’amortissement1 ; il faut que dans le conseil des ministres vous insistiez pour que le ministre de la Guerre et de l’Administration de la guerre mettent tout leur discernement à bien employer ces bons. Il est tout simple que, l’argent n’arrivant pas aussitôt que les besoins, j’emploie cette ressource. Ces bons ne peuvent jamais être comparés à des assignats, puisqu’ils portent à 5 pour 100, qu’ils sont remboursables dans un an ou dix-huit mois, et qu’en attendant ils sont admissibles en paiement des biens des communes ; que, d’ailleurs, la quantité de biens en vente est de beaucoup supérieure à la quantité de bons en émission. Insistez là-dessus, et soutenez le courage du comte Mollien, qui parfois a des vues de finances trop étroites. Veillez aussi à ce que les ministres aident le Trésor de tous leurs efforts.2

Np

1. Voir ci-dessus, no 35216.

2. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 121)


35240 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

1. Victorin Fabre est chargé de rédiger l’éloge funèbre de Bessières, mort le 1er mai 1813, et Abel François Villemain, celui de Duroc, mort le 22 mai 1813.

2. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 122).


35241 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, vous verrez, par la dépêche ci-jointe du consul Séguier1, que le pauvre duc d’Abrantès est à peu près fou2. J’écris au vice-roi3 de lui donner ordre de se rendre chez lui en Bourgogne4. Il ne faut pas affliger la capitale de ce spectacle. Faites prévenir sa femme pour qu’elle aille à sa rencontre et reste avec lui en Bourgogne. Je vais aviser à son remplacement ; en attendant, l’intendant remplira toutes les fonctions administratives. J’ai ordonné au vice-roi d’y envoyer un officier supérieur ou général pour commander le pays.5

Napoléon

1. Armand Louis Maurice Séguier (1770-1831), consul général dans les Provinces illyriennes, en poste à Trieste depuis le 6 avril 1806, avait alerté Eugène sur les différentes crises que Junot avait subies courant juin. Eugène avait transmis les courriers à Napoléon dans ses lettres du 1er et 2 juillet.

2. Junot souffrait d’une infection syphilitique en phase terminale.

3. Voir ci-dessous, no 35251.

4. Junot fut ramené chez son père à Montbard et admis à la retraite le 22 juillet. Il s’éteint le 29.

5. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 132). [LEC 1039]


35242 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 133). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 541.


35243 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je ne connais pas encore ce qui est arrivé à l’armée d’Espagne. Je vois surtout avec peine que le général Clauzel n’ait pas encore rejoint1. Il est fâcheux que l’armée ait abandonné la Navarre sans avoir recueilli ce général. Je suppose que vous avez envoyé sur les lieux, et que vous aurez incessamment un rapport exact sur la situation des choses.

Dans ce moment, je vois surtout deux objets importants : 1o prendre position de manière à couvrir Saint-Sébastien, et 2o manœuvrer, avant que les vivres de Pampelune ne soient consommés, pour délivrer cette place.

En Espagne, le moment de la récolte ne doit pas être éloigné, et l’on trouvera des vivres en Navarre et en Biscaye.2

Napoléon

1. Du fait des ordres reçus tardivement, Clauzel, commandant l’armée du Nord en Espagne, ne participa pas à la défaite de Vitoria qu’il atteint le 21 juin au soir. Par la suite, sans instruction de Joseph et Jourdan, il retourna vers Logroño et Saragosse, tandis que le gros de l’armée retraitait vers la frontière. Il rejoindra le gros de l’armée le 12 juillet et commandera l’aile gauche de l’armée des Pyrénées sous Soult.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 134). [C 20237]


35244 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, vous ferez connaître au Mal duc de Dalmatie1 le décret que j’ai pris pour organiser l’armée d’Espagne2. Il choisira les généraux. Je désire qu’il forme autant de divisions qu’il aura de fois 6 000 hommes : ainsi, s’il réunit 72 000 hommes, il aura douze divisions. Il ne doit pas y avoir de corps d’armée ; il n’y aura que des divisions. Le général en chef mettra le nombre de divisions qu’il jugera convenable sous les ordres de ses lieutenants.

Quant aux trois généraux3, lieutenants du général en chef, faites-leur un traitement qui, tout compris, ne dépasse pas 40 000 francs.4

Napoléon

1. Soult prend son commandement le 12 juillet 1813.

2. Les armées du Nord (Clauzel), du Centre (Drouet d’Erlon), du Midi (Gazan) et du Portugal (Reille) devaient être renommées comme suit : armées du Nord, du Centre et du Midi, et placées sous les ordres de Soult qui commandait l’armée d’Espagne. Cette organisation excluait l’armée de l’Est, commandée par Suchet, qui conservait encore à cette date la Catalogne.

3. Clauzel, Drouet d’Erlon et Reille prendront après la réorganisation de Soult respectivement l’aile gauche, le centre et l’aile droite de l’armée d’Espagne qui changera de nom pour s’appeler armée du Midi.

4. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 135). [C 20236]


35245 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 136). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 541.


35246 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, vous demandez 300 000 francs pour rétablir le matériel de l’artillerie de l’armée d’Espagne. Vous avez vu que j’ai mis un million à votre disposition pour les dépenses de cette armée1 ; mon intention est que vous preniez un soin particulier d’y employer des bons de la Caisse d’amortissement le plus que vous pourrez.

Je désire également que vous fassiez couper dans les forêts ; soit impériales, soit communales, soit même dans celles des particuliers, tous les bois dont on aura besoin pour des palissades, pour des blindages et pour les constructions d’artillerie. Vous vous concerterez à ce sujet avec le ministre des Finances2, qui abrégera toutes les formes. Cela ne sera porté dans les comptes que pour mémoire et cela ne me coûtera rien.

Il est important que sur les fonds rentrés avec l’armée, n’importe à quel corps ils appartiennent, il soit payé un mois de solde à l’armée. Vous ne payerez ni gratification, ni traitement extraordinaire, mais simplement la solde, en la donnant aux soldats par cinq jours, et par mois aux officiers.

Vous aurez soin de déclarer aux généraux que tous les frais de représentation et dépenses extraordinaires qui leur étaient alloués sur pays ennemi sont comme non avenus en France. N’ayez aucun égard aux réclamations. L’armée d’Allemagne ne joint pas de ces suppléments, et d’ailleurs cela n’a jamais été accordé que sur des fonds de réquisition ; le Trésor ne peut pas les reconnaître. Vous refuserez toutes les demandes d’indemnités pour pertes d’équipages. Ils ont fait ces pertes après une bataille et par leur faute.3

Np

1. Voir ci-dessus, no 35216.

2. Gaudin.

3. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 137). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 541. [C 20234]


35247 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, il y avait en Espagne une grande quantité d’escadrons de gendarmerie. Il faudrait les réunir dans un point central et me faire connaître ce qui reste. On pourrait d’abord les employer à réprimer la désertion de l’armée. Il est inutile qu’on les laisse en ligne, puisque ce n’est pas leur destination. Je pense que le général Henry pourrait être mis à la tête de cette gendarmerie : il réunirait tous ces hommes et les emploierait contre les déserteurs1.

Je pense aussi qu’il faudrait faire payer de préférence les gendarmes et liquider leur arriéré, d’abord un mois, et ensuite un autre. Lorsqu’on m’aura envoyé un état de ce qui reste de ces gendarmes, je prendrai un parti. Si le général Buquet2 est toujours là et qu’il ait toujours votre confiance, vous pourriez alors n’y pas faire venir le général Henry. Il est important de prendre des mesures pour rétablir le moral de ces gendarmes ; il faut les payer et qu’ils forment une ligne contre la désertion.3

Np

1. Henry avait en mars 1813 dirigé des colonnes mobiles en Sarthe et en Mayenne contre les bandes des conscrits réfractaires.

2. Louis Léopold Buquet, commandant de la gendarmerie en Espagne, a été blessé à Wurschen le 21 mai.

3. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 138). Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 540.


35248 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 146).


35249 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 147).


35250 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 6 juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 3 juillet. On va vous envoyer des moulins portatifs ; mais leur réussite est encore un problème, car on prétend que, lorsqu’ils sont plusieurs jours en activité, ils se brisent1. Dans une ville comme Hambourg, il serait convenable d’établir des moulins mis en mouvement avec des chevaux, comme c’est l’usage dans les places en état de guerre, si toutefois vous n’avez pas suffisamment de moulins à eau.2

Nap

1. Voir ci-dessus, no 35181.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 148).


35251 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

Dresde, 6 juillet 1813

Mon fils, je reçois votre dépêche du 1er juillet, avec la lettre du consul de Trieste1 du 28 juin. Après un événement comme celui-là2, il n’y a pas un moment à perdre pour donner ordre au duc d’Abrantès de se rendre chez lui, en Bourgogne. L’administration passera dans les mains de l’intendant3. Envoyez un militaire prendre le commandement par intérim, jusqu’à ce que j’aie nommé un autre gouverneur4 : pouvez-vous donner cette mission à un de vos aides de camp, qui vous rendra compte de tout, et soumettra ce qu’il y a d’important à votre décision ? Ayez pour ce malheureux homme tous les ménagements qu’exige sa position, mais ôtez-le vite d’un pays où il offre un spectacle affligeant.

J’ai signé le décret que vous m’avez envoyé pour le 112e.5

Napoléon

1. Séguier (voir ci-dessus, no 35241) faisait un rapport circonstancié de l’état de santé de Junot.

2. Les 25 et 26 juin, Junot eut plusieurs accès de démence. Il parcourut à bride abattue les rues de Gorizia, s’entraîna au tir dans les jardins, eut des accès de violences contre des dames qui refusaient ses avances, fit un esclandre en ville…

3. Chabrol de Crouzol.

4. Ce sera Joseph Fouché, nommé gouverneur général des Provinces illyriennes par décret du 17 juillet 1813.

5. Correspondance de Napoléon I  er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20240, d’après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 149).


35252 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 144).


35253 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le comte de Cessac, j’ai reçu vos lettres du 2 juillet, au moment où je venais de prendre 3 décrets pour pourvoir aux besoins des services de l’armée d’Espagne.

Mon intention est que tout se fasse par réquisition en payant avec des bons de la Caisse d’amortissement1. Il ne sera donné d’argent que pour la solde. Vous fixerez le prix de toutes les denrées qui seront requises. Il faut que le prix de l’avoine et des fourrages soit calculé de manière que les rations ne me reviennent pas à plus de 30 sous.

J’ai fixé la journée d’hôpital à 20 sous, dont 6 sous en argent et 14 sous en bons.

C’est une crise qui tombe sur les départements du Midi, mais en les payant exactement en bons, ils devront être satisfaits. Mettez-y l’énergie convenable, car il est impossible de donner de l’argent mais des bons portant intérêt à 5 pour cent étant remboursables dans un an, et un demi-million en paiement de Domaines, sont véritablement de l’argent. Cela accélèrera la vente des domaines communaux dans le Midi, ce qui sera un avantage.2

Np

1. Voir ci-dessus, no 35216.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 145).


35254 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES1

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, faites connaître, par mon ministre à Wurtzbourg, que je désire que le grand-duc envoie à l’armée un nouveau bataillon de mille hommes. On pourra y incorporer les détachements composés de vieux soldats qui avaient été laissés pour la garde des forts sur le Main. Ce bataillon devra être dirigé sur Torgau.2

Nap

1. Voir ci-dessus, no 35234.

2. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 191).


35255 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le comte Mollien, mon intention est qu’un mois de solde soit payé sur-le-champ à l’armée d’Espagne1. Ce mois sera payé aux généraux, officiers et soldats. Bien entendu qu’il ne sera aucunement question de traitement extraordinaire, mais simplement de solde.2

Np

1. Napoléon tente par ce biais de redonner le moral à l’armée d’Espagne après le désastre de Vitoria (Voir ci-dessus, no 35247).

2. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 130). Extrait [Catalogue de vente], Galerie « Arts et Autographes », J.-E. Raux, expert, Napoléon et son temps, octobre 1995, p. 84, no 7403.


35256 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le comte Mollien, mon intention est que vous voyiez le ministre de la Marine1 pour qu’il emploie, dans ses paiements, les bons de la Caisse d’amortissement admissibles en paiement de biens communaux ou de droits de douane, à son choix. Beaucoup d’achats de blé, de matériaux, etc., peuvent être faits ainsi. Cela offrira l’avantage d’être payé de suite, et d’avoir en paiement des effets portant intérêt et ayant une valeur assurée. J’ai besoin d’un rapport général et détaillé sur ces bons de la Caisse d’amortissement. J’ai tant de choses à faire ici, qu’il est bon que vous me rendiez cela très clair. Parlez-m’en comme si j’ignorais mes décrets sur cette matière. Présentez-m’en l’historique. S’il y avait des bons en trop longue échéance, on pourrait y substituer l’échéance de 12 à 15 mois2.

Ayez soin, dans les conseils, de stimuler les ministres.3

N

1. Voir ci-dessus, nos 35219, 35220, 35227, 35239 et 35246.

2. Créée le 27 novembre 1799, la Caisse d’amortissement devait à l’origine diminuer la dette publique par l’amortissement de la rente. Cette vocation première vite abandonnée, elle sera en définitive amenée à gérer divers fonds publics et à prendre en charge la vente des biens nationaux dont elle anticipe les recettes en émettant des bons dits « bons de la Caisse d’amortissement » portant intérêt et pouvant être proposés en paiement des dettes de l’État. La vente des biens communaux décidée en 1813 pour équilibrer le budget de l’État s’accompagne ainsi d’une importante émission de bons que l’Empereur souhaite utiliser au plus vite malgré les craintes de Mollien qui redoute une dépréciation rapide de ces effets publics. Comme le pressentait le ministre, les bons seront mal accueillis, ce qui obligera Napoléon à en faire acheter par les caisses du Trésor de la Couronne et du Domaine extraordinaire notamment. Autrement dit, il fut contraint de se prêter à lui-même pour ne pas compromettre les équilibres financiers de son Empire.

3. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 127). Extrait [Catalogue de vente], Galerie « Arts et Autographes », J.-E. Raux, expert, Lettres et manuscrits autographes, cat. no 16, p. 34, no 5310.


35257 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

1. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 129). [C 20235]


35258 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

1°) Sur les 2 000 000 de crédits ouverts au ministre des Relations extérieures pour le service de l’armée polonaise :

1 650 000

francs

2°) Sur les 200 000 ouverts au même ministère pour les dépenses secrètes

200 000

francs

3°) Pour un crédit de 600 000 francs ouvert par le ministre de la Guerre au général Desvaux pour l’achat de 2 500 chevaux du train d’artillerie de la garde de Francfort, lequel crédit le ministre de la Guerre avait mal à propos imputé sur les 2 300 000 francs qui avaient été mis à la disposition du général Bourcier pour les achats de chevaux pour le train d’artillerie et que par mon décret du 16 mai, j’ai ordonné au ministre de la Guerre de rétablir, parce que cette dépense doit être imputée sur les fonds de l’Intérieur et non sur ceux de l’armée

600 000

francs

4°) Sur un crédit de 400 000 francs ouvert par le ministre de la Guerre au général Pellegrin1 pour un achat de chevaux d’artillerie à Francfort, lequel achat était ordonné par mon décret du 24 avril sur les 2 300 000 francs affectés à ce chapitre dans le budget de l’armée, et doit être imputé sur le budget de l’Intérieur d’après mon décret du 31 mai

400 000

francs

5°) Sur un crédit ouvert par le ministre de la Guerre au chef de bataillon Nacquart pour un achat de chevaux d’artillerie à Augsbourg, laquelle dépense devait être imputée sur les fonds de l’Intérieur

350 000

francs

6°) Sur un crédit ouvert par le ministre de la Guerre au colonel d’artillerie Lignim, pour un achat de chevaux du train de la Garde, à Francfort

465 000

francs

7°) Enfin, le payeur général2 expose qu’il a été obligé de dépenser pour le service du Trésor

410 000

francs

Il a donc fait une dépense étrangère au budget de

4 075 000

Par conséquent, il lui faudrait des fonds pour

55 815 000

Les fonds qui lui ont été faits s’élèvent d’après votre rapport ; savoir :

1°) Fonds versés par l’ancien payeur général

3 818 997,13

34 685 532,67

francs

2°) Versement de la caisse de Magdebourg

16 959 090,05

3°) Envois directs du Trésor

11 977 445,49

4°) Envoi particulier pour les Relations extérieures

200 000,00

5°) Nouvel envoi de traites, fait en juin

1 200 000,00

6°) Paiement fait par le Trésor au Domaine extraordinaire, pour l’acquit du payeur

530 000,00

Il a reçu acompte sur les 10 000 000 de la contribution de Hambourg affectée par mon décret du 16 juin au service de l’armée.

3 473 000,00

francs

Vous lui annoncerez les fonds ci-après :

De Cassel

250 000,00

1 662 000,00francs

De Mayence

500 000,00

43 120 532,67

De Wesel

700 000,00

D’Amsterdam

212 000,00

Il a été mis en distribution par mon décret du 23 juin sur les 10 millions de bons que doit donner la ville de Hambourg

3 300 000,00

francs

Ainsi, le payeur aura reçu

43 120 532,67

francs

Pourtant, il lui manquerait

12 694 467,33

Une partie de cette somme sera couverte par celle qui lui reste à recevoir pour compléter les dix millions de Hambourg

6 527 000,00

Ainsi, il lui reste à faire des fonds pour

6 167 467,33

1. Directeur en second des parcs d’artillerie de la Garde.

2. Bernard.

3. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 128). Extrait [Catalogue de vente], Sotheby & Co., Catalogue of fine illuminated manuscripts, valuable printed books, autograph letters and historical documents, Londres, 26-29 avril 1937, p. 38, no 219.


35259 – À MOLLIEN, MINISTRE DU TRÉSOR PUBLIC

11 876 502

comme dépense

56 985 500

comme recette à la caisse de service

7 408 997

comme opérations diverses

Vous avez dans vos comptes 76 271 000 en bons1, mais ces bons sont de 3 espèces ; ceux qui n’ont aucune hypothèque, ceux qui sont hypothéqués sur les biens des communes, et ceux qui le sont sur les droits de douanes.

Faites-moi un rapport là-dessus et que je voie bien les ressources que vous pouvez tirer de cela. Je voudrais aussi qu’à côté des recettes et crédits du budget vous missiez en marge l’indication de la somme qui se réalise en bons pour le Trésor. Par exemple, que sur les 149 000 francs qui sont portés au budget comme devant être prélevés sur la vente des biens des communes, vous indiquiez la quantité des bons qui ont été faits et encaissés, et que le même renseignement se trouve à l’article des douanes, sans quoi les comptes ne seront pas justes puisque vous avez disposé de 76 000 000 provenant du budget et que vous ne les avez pas portés comme recette.2

Np

1. Mots soulignés dans l’expédition (Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1).

2. Photocopie d’expédition, Archives nationales, fonds Mollien, 132 AP 1 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 126). Extrait [Catalogue de vente], Sotheby & Co., Catatalogue of fine illuminated manuscripts, valuable printed books, autograph letters and historical documents, Londres, 26-29 avril 1937, p. 38, no 220. La lettre est repassée en vente ([Catalogue de vente], Galerie « Arts et Autographes », J.-E. Raux, expert, Napoléon et son temps, cat. no 9, p. 28, no 6063 ; cat. no 16, p. 34, no 5310 ; cat. no 32, p. 89, no 12717).


35260 – À MONTALIVET, MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 124.


35261 – AU GÉNÉRAL MOUTON, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR, CHARGÉ DE LA GARDE IMPÉRIALE

1. Suite à la campagne de Russie la cavalerie est en sous-effectif. La cavalerie de la Garde a été reconstituée en priorité et est composée de cavaliers expérimentés, ce qui est moins le cas dans la ligne.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 123.


35262 – À PRINA, MINISTRE DES FINANCES DU ROYAUME D’ITALIE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 150.


35263 – AU GÉNÉRAL SAVARY, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE

Dresde, 6 juillet 1813

Je suppose que vous avez envoyé des agents pour connaître ce qui se passe aux Pyrénées, et que vous me ferez connaître, de votre côté1, tous les rapports que la gendarmerie et les commissaires de police vous feront sur les pertes et sur la situation de l’armée.

Je suppose aussi que vous avez pris toutes les mesures avec le premier inspecteur de la gendarmerie2, pour contenir et réprimer la désertion. Il serait peut-être convenable que le général Henry se rapprochât de la Garonne pour stimuler et centraliser tous les services de la gendarmerie. J’écris à ce sujet au ministre de la Guerre3 en le laissant maître de ne pas envoyer le général Henry si le général Buquet est là et s’il a sa confiance. Les gendarmes qui reviennent d’Espagne, doivent être rendus à ce service. Enfin, si l’on ne prend pas des mesures efficaces, la désertion va être énorme.4

1. Après Vitoria, la désorganisation de l’armée d’Espagne est totale et Napoléon cherche à comprendre les événements (voir ci-dessus, no 35168).

2. Moncey.

3. Voir ci-dessus, no 35247.

4. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 125.


35264 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 6 juillet 1813

Monsieur le comte Sorbier, d’après les derniers états de situation, il restait à fournir par Magdebourg cinq batteries, dont deux de réserve et trois à cheval, ce qui fait trente-quatre bouches à feu, avec les affûts et caissons nécessaires. Tout ce matériel est prêt, mais, en outre, il existe à Magdebourg, huit pièces de 12, dix pièces de 6, et huit obusiers de 6 pouces 4 lignes. À Wittenberg, dix pièces de 12, et six pièces de 6. À Erfurt deux pièces de 6. Enfin, en route de Mayence, deux pièces de 6 et quatre obusiers de 24 ; ce qui fait un total de 52 bouches à feu, dont 18 pièces de 12, 20, 46, 8 obusiers à grande portée et 6 obusiers de 24.

Avec ces bouches à feu, vous pouvez fournir :

1° au premier corps la batterie de la division Teste, qui devait être fournie de Wesel et la deuxième batterie à cheval, qui devait également venir de Wesel ;

2° au deuxième corps, la deuxième batterie de réserve qui devait venir de Wesel ;

3° au huitième corps, le matériel d’une batterie de réserve et de deux batteries à cheval, et 4°, enfin, au 11e corps, la batterie de réserve, qui lui est due en remplacement de celle qu’il a donnée au premier. Ainsi Wesel n’aura plus à fournir, indépendamment du treizième corps, que quatre batteries, savoir, une de division au onzième corps ; une de réserve au douzième, une à cheval au deuxième corps, et une autre également au douzième.

Vous avez, à Magdebourg, assez de caissons disponibles pour les nouvelles batteries, et quant aux attelages, vous y emploierez d’abord les deux cents chevaux qui restent à recevoir à Magdebourg, pour compléter la remonte des 1 800 et vous pourriez faire venir de Wesel, les compagnies du train nécessaires. Je désire que toutes les batteries qui sont organisées, partent pour leurs corps respectifs, afin qu’elles y soient toutes rendues avant la rupture de l’armistice. Faites compléter d’abord la 1re batterie du premier corps, ensuite, donnez au huitième corps le matériel dont il a besoin. Il faut que le matériel d’une batterie à pied et d’une batterie à cheval, destinée pour ce dernier corps, soit rendue sur les remparts de Dresde avant le 15 juillet, où le prince Poniatowski l’enverra recevoir.

Faites-moi connaître les revirements de compagnies que vous faites, tant dans les corps d’armée que dans les places non investies, pour que toutes les batteries qui restent à fournir, soit de Mayence, Magdebourg, Wesel, aient leur personnel assuré. Je désire savoir quelles sont les compagnies dont vous pouvez disposer pour compléter le corps de réserve.1

1. Copie, Archives nationales, fonds Gourgaud, 314 AP 3.


35265 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 161).


35266 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, donnez ordre au général Durosnel1 de passer demain la revue de tous les chevaux et hommes du dépôt de cavalerie de Dresde afin de s’assurer de tout ce qui y manque en chevaux, armement, habillement, et harnachement, et si les mesures sont prises pour se procurer tout ce qui leur manque.2

Nap

1. Aide major-général de la cavalerie.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 162).


35267 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, écrivez au général Guilleminot1 et envoyez-lui quelque argent pour qu’il envoie des espions du côté de Berlin afin de se procurer le nom des régiments et des divisions qui se trouvent de ce côté.2

Np

1. Chef du bureau de l’état-major établi à Mayence.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 163).


35268 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 164).


35269 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Donnez ordre à la division Dufour de partir demain matin 8, pour se rendre à Wittenberg. Ainsi les deux divisions Dufour et Vial1 se trouveront réunies. Vous donnerez ordre que leur dédoublement ait lieu, c’est-à-dire que tous les 4es bataillons qui appartiennent à la division Vial les rejoignent et que tous les 1ers de la division Dufour qui sont avec la division Vial rejoignent la division Dufour : cette opération se fera dans la journée du 9.

Vous direz au général La Poype de les cantonner autour de la ville sur l’une et l’autre rive ; que beaucoup d’approvisionnements seront dirigés sur Wittenberg ; qu’il ne doit pas craindre de manquer, puisque je viens d’ordonner de fournir à Wittenberg une réserve de 10 000 quintaux de farine, et que déjà il doit avoir 2 000 quintaux provenant du pays de Dessau.

Vous renouvellerez l’ordre au général Vandamme que dans la journée du 9, la première division se réunisse à Dessau et la 2e et la 23e à Magdebourg.

Donnez ordre que 2 compagnies du bataillon qui est parti de Wesel se dirigent sur Wittenberg chargées de riz et de farine et de là se rendent au 2e corps auquel ce bataillon doit être attaché.2

1. Ils servent au 2e corps de la Grande Armée sous Victor.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 165.


35270 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, je partirai demain 8, ou au plus tard le 9, d’ici, pour me rendre à Torgau, où je déjeunerai1. J’irai dîner à Wittenberg ; j’y verrai les 5e et 6e divisions avec leur artillerie. J’irai le 9 à Dessau, où je coucherai, et je verrai la 1re division. Je me rendrai de là à Magdebourg, où j’arriverai le 10, et j’y verrai les 2e et 23e divisions. Donnez des ordres pour que toutes ces troupes soient prêtes et que la rive droite de l’Elbe, surtout de Dessau à Magdebourg, soit bien surveillée. Comme ma Garde ne pourra pas m’escorter de Dessau à Magdebourg, le duc de Padoue2 y pourvoira. Je reviendrai par Leipzig, où je verrai tout le corps du duc de Padoue. Faites-moi connaître où je pourrai voir la brigade wurtembergeoise et la brigade Dombrowski ; où sont-elles dans ce moment ?3

Nap

1. Le 10 juillet, départ de Dresde à 3 h. Déjeuner à Torgau, et revue de la brigade saxonne du général von Le Coq. À 18 h, il arrive à Wittenberg. Il y passe la nuit.

2. Arrighi de Casanova commande le 3e corps de cavalerie de la Grande Armée.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 166). [C 20241]


35271 – AU GÉNÉRAL BOURCIER, COMMANDANT LES DÉPÔTS DE CAVALERIE DE MAGDEBOURG

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 175.


35272 – AU GÉNÉRAL BOURCIER, COMMANDANT LES DÉPÔTS DE CAVALERIE DE MAGDEBOURG

1. Expédition non signée, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 176).


35273 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 2 juillet1. J’approuve fort le parti que vous avez pris de faire décider administrativement toutes les affaires contentieuses2. En effet, il n’y a rien là de judiciaire, il n’y est point question d’intérêts particuliers ; il ne s’agit que d’affaires de communes ou plutôt de l’exécution d’une loi3.4

Np

1. Cambacérès répondait à une lettre de Napoléon du 26 juin (voir Correspondance générale, vol. 13, no 35026).

2. Le 20 mars, pour renflouer les finances, il avait été décidé la vente des biens communaux. Ce fut un échec et s’ouvrirent de nombreux contentieux.

3. Cambacérès proposait de faire statuer la section des finances du Conseil d’État plutôt que la Commission des affaires contentieuses.

4. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 151). [BRO 1166]


35274 – AU GÉNÉRAL CAULAINCOURT, GRAND ÉCUYER DE L’EMPEREUR

Dresde, 7 juillet 1813

Monsieur le duc de Vicence, je partirai demain 8 à 3 heures du matin (ou au plus tard après-demain 91) pour me rendre à Torgau par Grossenhain. Je déjeunerai à Torgau. J’en partirai à 2 ou 3 heures, pour me rendre à Wittenberg où je souperai.

J’en partirai le lendemain tard et j’irai coucher à Dessau. Je partirai de Dessau à 3 heures du matin pour aller déjeuner à Magdebourg. Je séjournerai un jour à Magdebourg.

Ma Garde m’escortera jusqu’à Wittenberg.

Vous verrez le major-général pour faire venir des détachements de la cavalerie du duc de Padoue, pour m’escorter de Dessau à Magdebourg.

Je reviendrai par Leipzig.2

Np

1. Le départ pour cette tournée d’inspection se fera le 10 (voir ci-dessus, no 35270).

2. Expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 12.


35275 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 7 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, j’ai signé sans le lire le décret que vous m’avez présenté pour approvisionner de bois les places des Pyrénées1. En général, cela doit se faire militairement et sans que cela ne coûte rien. Le dévidage seul doit couvrir les frais d’exploitation.2

Np

1. Voir ci-dessus, no 35246.

2. Expédition, Bibliothèque municipale d’Ajaccio. [BRD 2074]


35276 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 157).


35277 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Dresde, 7 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie votre projet de décret sur les bataillons de vétérans de Hambourg. Je n’approuve point cette augmentation de ce corps : les vétérans1 sont de mauvaises troupes. Je désire que vous y destiniez les cadres de 6 compagnies déjà existantes. Vous pourrez diminuer d’autant celles qui sont à Paris : ce serait une bonne occasion pour en retirer, en les plaçant à Hambourg, les vétérans dont la conduite n’a pas été satisfaisante lors de l’affaire de Malet, ainsi que ceux qui ont figuré dans les scènes de la Révolution et ont toujours gardé un fond d’esprit d’anarchie. Il faudrait que les bataillons de vétérans employés à Paris ne fussent, autant que possible, composés que d’hommes ayant obtenu la vétérance depuis 1805.2

Napoléon

1. Il fallait 24 ans de services ou être mutilé de guerre pour entrer dans les bataillons de vétérans.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 158).


35278 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

300

carabiniers ou cuirassiers

890

dragons

171

chevau-légers

850

chasseurs

150

hussards

total

2 361

1 700

carabiniers ou cuirassiers

1 230

dragons

2 600

cavalerie légère

Total

5 530

ce qui joint aux 1 500 hommes que le général Bourcier avait de trop, fait 7 000 hommes à monter.

2 000

chevaux de carabiniers ou cuirassiers

4 000

de cavalerie légère

2 000

de dragons.

3 000

cuirassiers ou carabiniers avec les 4es escadrons qui doivent former 4 régiments provisoires sur l’Elbe.

900

hommes qui vont compléter le 28e de chasseurs

1 700

hommes de divers régiments de cavalerie

1 200

dragons

Total

6 800

ce qui, joint aux 1 500 hommes qui restaient à monter au général Bourcier,

fait

8 300

1° Cuirassiers

7 400

carabiniers et cuirassiers

sur ce nombre

1 5001

ont dû partir pour Hanovre et pour le dépôt de Francfort

et

3 000

pour former les régiments provisoires de Hambourg et Magdebourg.

Total

4 560

Il reste donc 2 840 hommes non montés. Je viens de vous faire connaître que mon intention était que tout ce que ces régiments de cuirassiers auraient au dépôt de Francfort, appartenant à leur 4e escadron, partissent pour rejoindre leur escadron sur l’Elbe. N’envoyez à Francfort que ce qui appartiendrait aux 3e et 5e escadrons de ces régiments. Je désire que vous me remettiez un état des régiments de cuirassiers, par escadron et par compagnie où je puisse voir où sont tous les hommes.

2° Dragons

La force des dépôts de dragons était de

8 000

au 1er mai

Sur ce nombre

890

ont dû être envoyés à Hanovre

481

au dépôt de Francfort

et

1 200

ont dû être envoyés en Allemagne par suite de mon ordre du 16 juin.

Total

2 571

Il reste donc

5 429

hommes à monter.

3° Cavalerie légère

La force des dépôts de cavalerie légère en France était de près de 20 000 hommes au 1er mai. Sur ce nombre il a dû partir :

1 171

pour Hanovre

2 000

pour Francfort

900

pour le 28e de chasseurs

1 700

pour Magdebourg

Total

5 771

Il resterait donc encore près de 15 000 hommes de cavalerie légère à monter, mais la situation de ces dépôts en chevaux apporte des modifications à cet aperçu

Cuirassiers

Il y avait dans les dépôts de cuirassiers

900

chevaux

350

devaient être fournis par des marchés

et

200

par les offres des départements

Total des chevaux de cuirassiers

1 450

Le nombre des cuirassiers restant à monter était de

2 840

Il y avait des chevaux pour

1 450

ainsi il ne doit rester définitivement au dépôt que

1 390

hommes à pied.

Dragons

Il y avait dans les dépôts de dragons en France, y compris les chevaux dont la fourniture

était assurée,

3 300

chevaux

les hommes existant à monter étaient de

5 429

il ne doit donc rester que

2 129

dragons à pied

Cavalerie légère

Il y avait dans les dépôts de cavalerie légère, existants et assurés par des marchés près de

10 000

chevaux

Les hommes à monter étaient d’environ

15 000

il restera donc

5 000

chasseurs ou hussards à pied.

On voit par cette situation qu’il reste, dans ce moment, peu de dispositions à faire pour les remonter.

Au total les ressources que l’armée aurait encore à recevoir en cavalerie peuvent s’évaluer de la manière suivante :

Cuirassiers :

à provenir des 4 régiments provisoires :

3 300

6 300

à provenir du dépôt de Francfort :

1 500

à provenir des dépôts de France :

1 500

Dragons :

à provenir du dépôt de Hanovre :

2 000

6 000

à provenir du dépôt de Francfort :

500

à provenir des dépôts de France :

3 500

Cavalerie légère :

à provenir du dépôt de Hanovre :

4 000

16 000

à provenir du dépôt de Francfort :

2 000

à provenir des départements de France :

10 000

28 300

1. « 1 560 » dans la minute (Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 159).

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 159).


35279 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Voir ci-dessus.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 169).


35280 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie copie d’un décret que je viens de prendre pour concilier diverses dispositions précédemment ordonnées1. Je vous envoie également copie de la lettre que j’écris au général Bourcier : cela concilie tout.2

Np

1. Voir ci-dessus, no 35278.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 171).


35281 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 172). [BRD 2075]


35282 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, je réponds à votre lettre du 4. Je pense qu’il ne faut faire aucuns travaux à Lübeck. On peut seulement augmenter ceux de Travemünde. Je vous ai fait connaître que, quelques jours avant la reprise des hostilités, vous devez concentrer les troupes françaises sur Hambourg et réunir les troupes danoises sur votre gauche ; mais il est probable que d’ici à ce temps il aura été conclu un traité avec le roi de Danemark1, de sorte que nous saurons à quoi nous en tenir.

La réunion de la 40e division à Werben vous mettra à même de garder toute la rive gauche de l’Elbe. Le 2e et le 5e bataillon du 3e de ligne seront le 7 à Wesel ; ils seront donc arrivés avant le 1er août à Hambourg. Un bataillon du 33e léger, fort de 900 hommes, doit partir de Flessingue ; un second bataillon se complète au moyen de conscrits réfractaires à Wesel, et un troisième se rend en droite ligne à Hambourg. J’espère donc qu’avant le 1er août la 50e division sera forte de 10 à 12 000 hommes. Vous aurez besoin d’habillements ; mais j’ai recommandé que tous ces soldats partissent de France bien armés. J’ai ordonné cependant, en outre, que 3 000 fusils et 6 000 baïonnettes fussent envoyés à Hambourg.

Les détachements du 28e de chasseurs sont en marche pour se rendre à Hambourg ; ses cinq escadrons, forts de 1 200 hommes, seront réunis au 1er août à Hambourg ; prenez des mesures pour les y monter. Les trois régiments provisoires de cuirassiers, composés de douze 4e escadrons, faisant 2 400 hommes, arriveront à Hambourg avant le 10 août ; c’est à vous à prendre des mesures pour les monter. Le décret que j’ai rendu et la lettre que je vous ai écrite ce matin là-dessus vous mettront au fait de tout ce qui concerne ces régiments. Si, au moment de la rupture de l’armistice, une partie de ces 4 000 hommes de cavalerie n’était pas montée, vous pourrez en tirer parti pour le service de place ; ils ont des carabines ou des mousquetons, et vous les feriez exercer au service du canon.

J’espère donc que la 50e division, la cavalerie, la gendarmerie, les douaniers et les marins formeront à Hambourg et à Harbourg une garnison de 18 à 20 000 hommes, pendant que vous aurez disponibles la 3e division et la 40e ainsi que les Danois. Vous entrerez alors, suivant les circonstances, dans le Mecklembourg, ou bien vous prendrez position en avant de Hambourg, ou bien enfin, si cela était nécessaire, vous repasseriez l’Elbe pour couvrir la rive gauche.

Occupez-vous des ateliers d’habillement, et établissez solidement les ateliers et la comptabilité des 3e, 29e et 105e de ligne, 33e léger et 28e de chasseurs. Ces cinq corps doivent avoir leurs dépôts à Hambourg, et ils doivent suivre le sort de cette place.

L’artillerie est en marche sur Hambourg, de Magdebourg, de Wesel et de Groningue. Ayez soin que vos poudres soient placées dans trois points différents, afin que, si vous perdiez un magasin, il vous en restât deux. Veuillez à ce que les trois réduits soient établis et les mortiers mis en batterie contre la ville.

J’attends les six millions que vous m’annoncez pour compléter les dix premiers.2

Np

1. Le traité d’alliance avec le Danemark est signé le 10 juillet 1813.

2. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 173). [C 20242]


35283 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 7 juillet 1813

Mon cousin, le ministre de la Marine me mande qu’au 3 août il arrivera à Hambourg 300 ouvriers militaires de la Marine, 10 ou 12 administrateurs, des commis pour le bagne et plusieurs chefs de maistrance, tous français, y arrivent également1.

Il y dirige aussi pour compléter le 5e équipage de flottille 600 matelots, tous de l’ancienne France. Ils y seront arrivés avant le 16 août.

Il me semble que 25 bateaux canonniers ou péniches suffisent à Hambourg. Si cela était nécessaire, on pourrait y construire deux ou trois chaloupes canonnières à l’espagnole2.

Envoyez, sur-le-champ, un détachement du 5e équipage, avec un officier, prendre 10 bateaux canonniers qui sont à Delfzyl, pour en augmenter votre flottille. Ils pourront arriver avant la reprise des hostilités.

On emploiera les deux compagnies d’ouvriers de la Marine aux travaux de la Marine ou de la Guerre, selon qu’ils seront le plus pressé ; mais je crois qu’on pourrait affecter une de ces compagnies au service de la Marine et l’autre au service de la Guerre.3

Np

1. Voir ci-dessous.

2. Embarcations également appelées caïques, ce sont des chaloupes portant un canon de 24 à l’avant, construites pour la flottille de Boulogne à l’instigation de l’amiral Lacrosse, qui en avait mis à l’œuvre à Cadix en 1797.

3. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 174).


35284 – AU VICE-AMIRAL DECRÈS, MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES

Dresde, 7 juillet 1813

Monsieur le duc Decrès, j’approuve que vous ayez fait partir 600 matelots de Cherbourg pour Hambourg1 ; il est fâcheux que vous n’ayez pu les faire partir de Boulogne ou de Dunkerque, qui sont plus près de Hambourg. J’ai destiné 1 000 hommes du 5e équipage à se renfermer au besoin dans Hambourg ; les hostilités pouvant recommencer vers le 10 août, il faut qu’avant cette époque ces 1 000 hommes soient arrivés à Hambourg. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous fassiez passer des bâtiments à Delfzyl, puisqu’ils y vont par les canaux de l’intérieur ; mais il y aurait de l’inconvénient à les envoyer de Delfzyl à Hambourg, parce qu’à la reprise des hostilités il serait possible que ces côtes fussent troublées, et qu’alors ces bâtiments seraient exposés. Il faut donc laisser dans le Zuiderzee les bâtiments qui y sont, et ne composer la flottille de l’Elbe que de vingt-cinq bâtiments, en se servant des bâtiments du pays et des dix bateaux qui, étant déjà à Delfzyl, pourront être rendus à Hambourg avant la rupture de l’armistice. J’écris au prince d’Eckmühl de les envoyer chercher par un détachement du 5e équipage de flottille.

On pourra faire achever les corvettes et les bricks qui sont sur le chantier à Hambourg, et y faire construire quelques chaloupes canonnières espagnoles ; mais il ne faut faire aucun mouvement qui puisse compromettre des bâtiments.

Je réponds à vos questions :

1o Vous demandez pourquoi je ne parle point de Wesel et de la Jahde : mon intention est que le 5e équipage et le contre-amiral L’Hermitte2 pourvoient à la sûreté de la côte ; mais je ne parle que de Hambourg, parce que je suppose qu’en cas d’événement cet équipage et cet amiral se renfermeront dans Hambourg.

2o J’ai déjà répondu à votre deuxième question. Les marins que vous envoyez à Hambourg doivent s’y rendre par la route la plus courte, le plus promptement possible, et ne doivent donc point passer par Amsterdam.

3o En établissant 600 forçats à Hambourg, j’ai eu deux buts : d’abord de ne pas encombrer nos ports de forçats étrangers, et l’autre de les employer en partie aux travaux de la Marine et en partie aux travaux des fortifications. Les 300 ouvriers militaires de la Marine seront également employés, sous les ordres du gouverneur, aux travaux de la Marine et aux travaux de la Guerre. Si ceux de la Marine sont les plus pressés, ils y seront employés de préférence ; dans le cas contraire, ce sera à ceux de la Guerre. Une compagnie pourrait en être attachée au service de la Marine, et l’autre au service de la Guerre. Mon intention est que le gouverneur puisse employer toutes les ressources de la Marine, et, comme ces marins sont attachés spécialement au service de Hambourg, vous leur expliquerez que le gouverneur mettra autant d’intérêt à ce qui les concerne qu’au service de Terre.

Il faut donc que le contre-amiral L’Hermitte et l’administration aient pour principe de se considérer comme attachés à la place de Hambourg, et de tout faire pour seconder le gouverneur, et qu’ils obéissent à tous ses ordres. Il est bien entendu que cela ne regarde pas la comptabilité. J’approuve que vous complétiez les ouvriers de la Marine par un recrutement extraordinaire.3

Nap

1. Voir ci-dessus.

2. Commandant la flottille de Hambourg depuis le 1er juin 1813.

3. Expédition, Archives nationales, 398 Mi [384 AP 251-252, fonds Suchet d’Albufera] (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 170). [C 20243]


35285 – AU GÉNÉRAL DROUOT, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 152.


35286 – À LA BOUILLERIE, TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COURONNE ET DU DOMAINE EXTRAORDINAIRE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 156.


35287 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 167).


35288 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 168).


35289 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 153.


35290 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 7 juillet 1813

Je reçois votre lettre du 5 juillet. Je pense que ce serait une mauvaise mesure que celle de loger des soldats chez les bourgeois. Il vaudrait mieux les faire camper, comme je l’ai fait à Dresde. Si donc vos casernes ne suffisent pas, je préfère que vous les fassiez camper.

Vous ne devez pas avoir d’inquiétudes pour les poudres. 200 000 kilos sont en route pour Magdebourg. Frappez des réquisitions sur les départements voisins, et faites-les fournir. Je vous recommande de passer sur celui de Halle dont l’esprit est partiellement mauvais : à la moindre résistance envoyez 1 500 hommes avec un bon commandant et faites-le exécuter militairement1.

J’espère que vous avez pris des mesures pour désarmer les habitants, et qu’il ne reste dans la ville ni fusil, ni arme blanche.

Je donne ordre que le 5e bataillon du 134e se rendra à Magdebourg ; il y aura ainsi 3 bataillons de ce régiment. J’ai donné ordre qu’ils soient complétés au moyen de conscrits en France : le grand complet de ces 3 bataillons est de 2 400 hommes. J’augmenterai votre garnison de 6 autres bataillons de la 6e division (bis) et selon les circonstances par un grand nombre de bataillons de marche. Le dépôt de cavalerie vous servira toujours 3 ou 400 cavaliers à pied dont vous pourrez disposer pour le service de la place ; ils auront des carabines ou des mousquetons, et vous les ferez exercer au service du canon. Ce dépôt vous fournira aussi 5 ou 600 cavaliers montés, ce qui vous sera avantageux pour tenir l’ennemi éloigné.

J’ai mis à la disposition de la cavalerie de la Garde 200 000 boisseaux d’avoine2 à prendre sur ceux qui existent à Magdebourg. Vous les ferez remplacer sur la récolte ou sur le million de boisseaux que vous recevrez de la 32e division militaire.

Je vous dis pour vous seul, parce que je désire que cela ne soit point su, que dans la journée du 9 ou dans celle du 10 au plus tard, je serai à Magdebourg3. J’espère y voir le corps du général Vandamme, qui doit y arriver le 8. Vous pouvez en prévenir ce général, mais sous le secret, afin que je trouve son corps bien campé et pouvant facilement être réuni.4

1. Des mesures similaires ont été mises en place pour Magdebourg (voir ci-dessus, no 35289).

2. Voir ci-dessus, no 35261.

3. Napoléon quitte Dresde pour une tournée d’inspection le 10 juillet, il sera les 12 et 13 à Magdebourg.

4. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 154.


35291 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

1. Marie-Caroline de Sicile, évincée du pouvoir par les Britanniques après Constantinople, se rendit à Budapest puis de là, à Vienne. Elle est la grand-mère de Marie-Louise, sa mère Marie-Thérèse de Sicile étant la fille de Marie-Caroline.

2. Francisation de Buda, la ville qui fut fusionnée à Pest pour devenir la capitale de la Hongrie.

3. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35292 – À MONTALIVET, MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

Dresde, 7 juillet 1813

Le préfet de Corse1 est vieux et ne marche plus. Il est convenable que vous me présentiez quelqu’un pour être envoyé préfet en Corse.2

Napoléon

1. Hyacinthe Arrighi de Casanova, père du général Arrighi, restera en fonction jusqu’en 1814.

2. Léonce de Brotonne, Lettres inédites de Napoléon Ier, Paris, Honoré Champion, 1808, t. 2, p. 476, no 1167.


35293 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 8 juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie mes ordres relativement aux travaux de Dresde et de Kœnigstein, ainsi qu’à l’armement de la place de Dresde. Prenez les dispositions nécessaires pour leur exécution.

I

Toutes les redoutes qui forment le camp retranché de la rive droite de l’Elbe, en avant de Dresde, seront tracées le 10 juillet et commencées le 11. Celles entreprises comme celles à entreprendre seront confiées, pour leur exécution, aux six régiments de la Jeune Garde établis au camp1. Chaque régiment fournira un atelier de 200 hommes qui travaillera depuis quatre heures du matin jusqu’à midi, et un autre de 200 hommes qui relèvera le premier et travaillera jusqu’à huit heures du soir.

Les bataillons no 1 travailleront le matin, ceux no 2 le soir. Il sera désigné, par chaque régiment, deux capitaines et deux lieutenants pour diriger les travaux ; ils seront toujours de service. Lorsque les redoutes seront achevées, le génie prendra mes ordres pour qu’il leur soit accordé une gratification. Le génie s’entendra avec ces officiers pour que, chaque redoute étant donnée à la tâche, le soldat puisse gagner de 8 à 9 sous dans sa demi-journée. Le général Delaborde2 prendra les mesures nécessaires pour que cet argent profite au bien-être du soldat et améliore son ordinaire ; aucune retenue ne devra lui être faite, ni pour son habillement, ni pour son service. Chaque redoute portera le nom du régiment qui l’aura construite.

Les mêmes dispositions seront appliquées aux régiments de la Jeune Garde employés au camp retranché en avant de Kœnigstein.

II

1o Il sera creusé le long de la berge et sur la rive droite du ruisseau Weisseritz3 un fossé de 7 à 8 pieds de large, pouvant recevoir 6 pieds de profondeur d’eau, de manière à bien fermer de ce côté les faubourgs de Dresde ; les terres provenant de l’excavation seront jetées en avant et disposées en ligne de crémaillères pouvant recevoir du canon et des fusiliers. On palissadera cette ligne, on placera une barrière au pont, on élèvera une traverse en arrière pour recevoir une pièce de canon, et l’on préparera des chevaux de frise pour se barricader au besoin en avant du pont.

2o De l’extrémité gauche de cette crémaillère jusqu’en amont de l’Elbe, on tracera huit flèches de 60 toises de pourtour : elles seront ainsi éloignées de 200 à 250 toises les unes des autres. On n’en construira d’abord que quatre, de manière qu’elles soient bien vues les unes des autres et donnent des feux sur toutes les issues. Elles seront palissadées et armées de canons.

3o Tous les murs des faubourgs seront réunis dans leurs lacunes par des palissades ; les issues, réduites à six, auront des barrières, des traverses pour recevoir une pièce de canon, et des chevaux de frise pour se barricader si des circonstances l’exigeaient.

4o Ces ouvrages devront être tracés pour le 11 juillet et commencés le 12.

5o L’artillerie de la Garde fournira 150 chevaux, les équipages de la Garde 100, l’artillerie de l’armée 100, pour le transport des palissades : ils seront à la disposition du commandant du génie de l’armée4.

6o On fera descendre du haut Elbe des trains de palissades ; 100 marins de la Garde seront mis à la disposition du génie pour effectuer ce transport par eau dès maintenant, [transport] de palissades par l’Elbe.

7o Le major-général prendra toutes les dispositions nécessaires pour l’exécution du présent ordre.

III

Chacun des bastions de la place de Dresde, sur la rive gauche, sera armé de deux pièces de petit calibre placées dans les flancs bas, de manière à être dérobées à la fusillade des maisons ; les saillants recevront aussi chacun deux pièces. Les quatre flèches en avant des faubourgs recevront chacune quatre pièces de canon, et les traverses en arrière des issues auront une pièce. La grande lunette sur la rive droite sera armée de trois pièces de gros calibre, de deux obusiers et d’un mortier.

Le gouverneur de Dresde5 parcourra demain la place ; il sera accompagné des commandants d’artillerie et du génie6, afin d’arrêter le projet d’armement, connaître les pièces qu’il sera possible d’avoir et le meilleur dispositif à leur donner.

Il y aura, en outre, en réserve, trois batteries : une de huit pièces de 12, une de huit pièces de 6 et une de huit obusiers ; total, vingt-quatre bouches à feu. Elles seront employées où les circonstances l’exigeront ; on les attellera alors, soit avec des chevaux pris dans les dépôts, soit avec ceux de la ville.

IV

La route de Stolpen à Hohnstein ayant été réparée par les soins des officiers de l’état-major, les officiers du génie feront réparer celles de Hohnstein à Kœnigstein. Il sera pratiqué à cet effet trois routes : 1o une première qui soit telle que l’ennemi, fût-il parvenu à occuper les hauteurs du ruisseau de Polenz, ne puisse pas par la fusillade ou le canon inquiéter la communication ; 2o la route actuelle qui passe par le rocher de Ziegenrück et traverse le ravin du Polenz ; elle pourra être gênée par la fusillade de la rive gauche de ce ravin, mais, comme le fond de celui-ci est impraticable, l’ennemi ne pourra pas intercepter cette communication ; 3o la troisième route viendra de Hohnstein et Waitsdorf à Porschdorf et Schandau : on aura ainsi trois bons débouchés. Mais, si l’ennemi venait de Neustadt et s’emparait du plateau en avant de Hohnstein, on n’aurait plus que la première et la seconde pour communiquer : il faudra donc établir deux ou trois redoutes pour en être maître et les placer en avant de Hohnstein.

Tous ces ouvrages seront tracés avant le 11 juillet, et le 12 ou commencera à y travailler ; on y emploiera les deux régiments de la Garde qui sont à Kœnigstein, et, en outre, les ouvriers du pays qui étaient occupés à la route de Stolpen à Hohnstein. Le génie, en confiant l’exécution des redoutes aux régiments de la Garde, effectuera les paiements sur la même base que pour ceux employés au camp retranché de Dresde sur la rive droite. Les régiments seront d’ailleurs dirigés de la même manière pour les tâches et les heures de travail.

Le pays entre Neustadt et les frontières de Bohême sera bien étudié et représenté sur une grande échelle, afin que l’on connaisse parfaitement le terrain s’il fallait opérer sur cette partie.7

Np

1. L’expédition comporte à cet endroit une partie rayée : « y compris les deux arrivés aujourd’hui. Ces deux régiments seront de préférence chargés des redoutes qui sont le plus avancées ». Pendant le temps de l’armistice, pour loger les soldats, un camp de baraques similaire à celui de Boulogne avait été construit à proximité de Dresde.

2. Commandant la 3e division de la Jeune Garde sous Mortier depuis le 23 avril 1813.

3. Affluent de l’Elbe traversant Dresde.

4. Rogniat.

5. Durosnel.

6. Rogniat (génie) et Sorbier (artillerie).

7. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121. [C 20247]


35294 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 8 juillet 1813

Mon cousin, écrivez au général La Poype1 qu’il ne doit point souffrir de relâchement dans les fournitures qui sont demandées au cercle de Wittenberg.2

Np

1. Gouverneur de Wittenberg.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 182). [BRD 2076]


35295 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Jérôme.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 183).


35296 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 8 juillet 1813

Donnez ordre au colonel Mathan1 qui commande le 1er régiment provisoire des gardes d’honneur, de partir de Mayence le 16 juillet pour se rendre à Francfort avec les deux escadrons de son régiment qui seront arrivés à cette époque.

Les escadrons des 3e et 4e régiments se réuniront à lui à Francfort.

Écrivez à M. Hédouville2, mon ministre à Francfort, pour que les gazettes de cette ville parlent avec emphase de l’arrivée de ce régiment et disent qu’on attend d’autres escadrons des gardes d’honneur jusqu’à concurrence de 10 000 hommes ; on en parlera en ces termes : « La tête des gardes d’honneur, sous les ordres du colonel Mathan, vient d’arriver, et les escadrons vont se succéder jusqu’à la concurrence de 10 000 hommes ; ils sont déjà tous en marche. Ces troupes sont bien équipées, parfaitement montées, et composées de la plus belle jeunesse, etc. »

Ce régiment restera jusqu’à nouvel ordre à Francfort.3

1. George de Mathan (1771-1840), ancien chambellan de l’Empereur, colonel major du 1er régiment des gardes d’honneur après le 8 avril 1813.

2. Théodore Charles d’Hédouville (1767-1846), représentant de la France auprès du prince primat de la confédération du Rhin du 1er juillet 1806 au 31 décembre 1813.

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 184.


35297 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 8 juillet 1813

Mon cousin, parlez au général Gersdorff pour qu’il envoie à Cottbus1 un officier sûr et quelques bons sous-officiers pour relever ceux qui y sont chargés de la police et qui ont servi les Prussiens.

Vous écrirez au duc de Reggio que le capitaine du landsturm prussien arrêté à nos avant-postes doit être retenu comme espion et qu’ainsi il doit être mis en prison et non traité comme prisonnier de guerre.2

Nap

1. Ville située à une centaine de kilomètres de Berlin et de Dresde.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 185). [BRO 1168]


35298 – AU GÉNÉRAL BOURCIER, COMMANDANT LES DÉPÔTS DE CAVALERIE DE MAGDEBOURG

Dresde, 8 juillet 1813

J’ai reçu votre lettre du 3, par laquelle vous me faites connaître que vous avez envoyé à Hambourg un régiment de marche fort de 1 250 hommes. Je vous ai déjà fait connaître que ce régiment de marche doit rester à Hambourg1 jusqu’à ce que tout ce qui est nécessaire pour compléter le 28e de chasseurs y soit arrivé, ainsi que les 3 régiments provisoires de cuirassiers de la brigade de Hambourg.

Je vous laisse le maître de prendre des dispositions pour monter à Hambourg ces 1 250 hommes et les faire revenir ensuite à l’armée. Il faudrait alors avoir à Hambourg pour le 28e de chasseurs 1 250 chevaux. Je suppose qu’il en a 250 ; reste à lui en fournir 1 000.

Pour la brigade de cuirassiers de Hambourg :

2 400

Pour le régiment de marche :

1 250

En tout

4 650

chevaux

Il pourrait être avantageux que le régiment de marche fût monté à Hambourg, ou à Harbourg, parce que les chevaux doivent venir de ce côté.

Si vous le jugez ainsi, donnez des ordres en conséquence ; et quand il sera monté, vous me proposerez de le rappeler à l’armée.2

1. Voir ci-dessus, nos 35119, 35125, 35163, 35167, 35278 et ci-dessous, no 35532.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 189.


35299 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 8 juillet 1813

Mon cousin, je vous envoie un rapport du duc de Vicence. Je lui ai répondu, comme de raison, que je ne me mêlais pas de ces détails, que je ne pouvais descendre jusque-là. Mais je vois avec peine que le duc de Rovigo réagit. Le duc de Rovigo ne connaît ni Paris ni la Révolution ; si on le laissait faire, il aurait bientôt mis le feu en France. En vous entretenant de ce fournisseur1, ce n’est pas de lui que je vous parle, mais de toutes les mesures de cette nature. A-t-on quelque chose à reprocher à cet homme depuis seize ans ? On l’éloigne de Paris comme ayant été violent révolutionnaire. Si on pèse ainsi sur la classe des gens domiciliés et tranquilles, il est à craindre que cela ne produise le plus mauvais effet et n’excite une inquiétude générale. Si le duc de Rovigo voulait éloigner de la France tous ceux qui ont pris part à la Révolution, il n’y resterait plus personne. Et comment peut-on faire un crime à des hommes de cette classe de leur exaltation dans la Révolution, lorsque le Sénat, le Conseil d’État et l’armée sont pleins de gens qui y ont marqué par la violence de leurs opinions ? Je dois supposer qu’on n’avait rien à reprocher à cet homme, puisque les gens de ma maison, qui ne sont nullement partisans des opinions révolutionnaires, le gardaient comme fournisseur. Vous ferez connaître au duc de Rovigo que mon intention est qu’il n’éloigne personne de Paris sans vous en avoir parlé auparavant. Dites-lui aussi que, s’il se laisse entraîner par le préfet de police2 ou des hommes de cette robe, qui ne connaissent ni la situation de la France ni celle de Paris, il aura bientôt mis tout en feu et ébranlé mon gouvernement, qui est fondé sur la garantie de toutes les opinions. Vous demanderez au duc de Rovigo de vous remettre sur-le-champ l’état de toutes les personnes qu’il a exilées de Paris, en les divisant en deux classes, l’une contenant tous ceux qui se sont mal conduits et qui, ne possédant rien, désirent toujours des troubles ; l’autre contenant les hommes domiciliés et tranquilles, auxquels on n’a rien à reprocher que leurs anciennes opinions. On doit laisser, sans les inquiéter, tous ceux qui appartiennent à cette dernière classe. Au train dont va le duc de Rovigo, je suppose qu’il réagirait bientôt sur tous les généraux qui ont été chauds révolutionnaires. Comme il m’est revenu de plusieurs côtés que beaucoup de gens de cette classe ont été exilés, demandez au duc de Rovigo de vous en remettre l’état exact.3

Nap

1. Suite à l’affaire Mallet, durant le printemps 1813, Savary éloigne de Paris plusieurs anciens Jacobins, manière pour lui de combattre Fouché qu’il avait trouvé trop laxiste envers ses anciens amis. Caulaincourt cherchait à conserver près de lui un fournisseur de sa maison en la personne de Biennait, célèbre rôtisseur parisien, dont la rumeur en faisait un des assassins de la princesse de Lamballe. En 1816, après un procès retentissant, il fut blanchi de toute accusation.

2. Étienne Denis Pasquier, conseiller d’État, a remplacé Dubois le 14 octobre 1810.

3. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 177). [C 20244]


35300 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 1ER CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 187).


35301 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 8 juillet 1813

Monsieur le comte Daru, voyez aujourd’hui le ministre de l’Intérieur de Saxe1. Faites-lui connaître que cesser le service des fourrages, c’est comme abandonner le gouvernement, puisque, s’il n’est plus fait de distribution de fourrages, il faudra ou en requérir militairement dans tous les villages, ou que les soldats aillent l’enlever dans les maisons, ce qui mettrait le pays au pillage.2

Np

1. Le comte de Hopffgarten.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 186). [C 20248]


35302 – AU GÉNÉRAL DUROSNEL, GOUVERNEUR DE DRESDE

Dresde, 8 juillet 1813

Monsieur le général Durosnel, envoyez un officier de la gendarmerie d’élite et 131 gendarmes, ainsi qu’un détachement de 100 chevau-légers de la Garde, pris dans ceux qui sont cantonnés aux environs de Pirna, s’établir sur la grande route de Dresde à Prague, à l’extrême frontière, en plaçant des postes sur toutes les routes latérales. Cet officier vous rendra compte de tous les voyageurs qui iront de Dresde à Prague, ou viendront de Prague à Dresde, ainsi que de tous ceux qui vont et viennent des eaux de Tœplitz. Il vous instruira également de tout ce qui passe sur ces routes en chevaux, bestiaux, voitures chargées de marchandises ; en un mot, il vous tiendra au courant de tous les mouvements. Vous me remettrez tous les jours ce rapport.

L’officier de gendarmerie que vous choisirez doit être un officier de confiance, intelligent et sachant l’allemand. Il enverra des agents sur la frontière de Bohême pour être instruit de la situation et des mouvements des troupes autrichiennes.2

Np

1. Le nombre 12 a été corrigé en 13 de la main de l’Empereur.

2. Expédition, Archives nationales, 400 AP 140 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 188). [C 20249]


35303 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

Dresde, 8 juillet 1813

Mon fils, je suis surpris qu’après tout ce qu’a fait le duc d’Abrantès1, vous ne l’ayez pas renvoyé en France. Je ne puis que vous exprimer mon mécontentement de ce que vous n’avez pas fait cesser un spectacle aussi affligeant pour des Français en pays étranger. Faites-le partir sans délai, et, comme il ne faut pas qu’il aille à Paris, où il est trop connu, il faut qu’il soit conduit chez son père2, aux environs de Dijon. Écrivez au ministre de la Guerre pour que sa femme3 aille à sa rencontre et se charge de le conduire.4

Napoléon

1. La santé de Junot ne permet plus de la maintenir en fonction (voir ci-dessus, nos 35241 et 35251).

2. Michel Junot réside à Montbard.

3. Laure Junot.

4. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 190). Extrait [Catalogue de vente], Librairie Dominique Gomez, Napoléon et son temps, 2007, Paris, no 143. [LEC 1040]


35304 – AU CHEF D’ESCADRON GOURGAUD, PREMIER OFFICIER D’ORDONNANCE DE L’EMPEREUR

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 179.


35305 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 8 juillet 1813

J’ai reçu votre lettre1. Je vous recommande d’envoyer des espions du côté de Brandebourg, à Berlin, et dans le Mecklembourg, et de m’instruire exactement de tout ce qui s’y passe. Les dépenses que cela vous occasionnera vous seront remboursées par l’auditeur au Conseil d’État Lelorgne2.3

1. Voir ci-dessus, no 35267.

2. Secrétaire-interprète de Napoléon depuis le 12 juillet 1812 (il parle russe et allemand), il gère la collecte du renseignement au sein du cabinet de Napoléon.

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 178.


35306 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 8 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, il est honteux pour votre département que je ne connaisse point les forces de l’Autriche, et que je n’aie aucun mémoire sur la situation actuelle des finances de cette puissance. J’ignore le nombre des divisions, des régiments et des bataillons que l’Autriche a mis en activité, et où ces corps se trouvent ; mon ambassade à Vienne n’a fourni aucun renseignement. Les Relations extérieures ont des fonds pour les dépenses secrètes, et leur métier est de s’instruire des armements et de la situation des corps d’armée des autres États ; mais elles ne me disent rien.

Enfin je devrais avoir régulièrement, par Copenhague, la suite de tous les journaux de Petersbourg, de Riga et de Stockholm, et, par Vienne, celle de toutes les gazettes de Berlin et de Varsovie ; mais je ne reçois rien de tout cela. Vous ne conduisez pas votre département avec l’activité et le travail soutenu qu’exigent les Relations extérieures d’un aussi grand empire. Voilà plusieurs fois que je me plains des Relations extérieures, mais cela n’a de résultats que pour quelques jours. Vous ne les dirigez pas avec assez de suite de fermeté. Il y a beaucoup de secrétaires de légation qui sont ineptes, tels, à ce qu’on m’assure, que le sieur Lablanche, premier secrétaire d’ambassade à Vienne1. Il est absurde de conserver dans un poste aussi important un homme sans talent. J’en regarderai les Relations extérieures comme responsables, si je ne reçois pas exactement, par Copenhague, les journaux de Petersburg et de Stockholm, et, par Vienne, ceux de Berlin et de Varsovie, ainsi que des renseignements sur tous les mouvements militaires.2

Np

1. Xavier Olympe Hue de La Blanche (1779-1848) occupe cette fonction depuis le 6 janvier 1810. Il sera nommé chevalier de l’Empire le 2 octobre 1813.

2. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 180). Extrait [Catalogue de vente], A. Bellier, commissaire-priseur, J. Arnna et P. Briquet, experts, Catalogue d’une collection de lettres autographes et de documents historiques, Drouot, 14 et 15 mai 1936, p. 34, no 76. [C 20245]


35307 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 8 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, je vous envoie un rapport que me fait le général Drouot, l’un de mes aides de camp. Il paraît qu’il n’a été mis aucun ordre ni aucun ensemble dans les fournitures à faire pour le corps du prince Poniatowski1. Tout le monde a passé des marchés qui n’ont point été soumis à mon approbation ; en sorte que j’ignore ce qui a été fait. Vous-même, vous ne vous êtes point fait rendre compte des prix stipulés, pour savoir s’ils étaient supérieurs ou inférieurs à ceux des marchés passés pour les troupes françaises. Les draps qui ne doivent être fournis qu’en cinquante-six jours sont une absurdité ; ils devraient déjà l’être. Enfin il n’y a eu ni ordre ni activité dans cette opération importante que je vous avais confiée. Faites-moi un rapport général sur cet objet. Vous m’y ferez connaître, 1o tous les marchés passés, en comparant leurs prix avec ceux des marchés passés par l’ordonnateur de l’habillement2 de l’armée, afin de savoir s’ils sont plus ou moins élevés ; 2o tous ceux qu’il faudrait résilier, comme ne devant pas être exécutés au 1er août. Enfin vous me proposerez un mode pour mettre de l’ensemble dans toutes ces fournitures, et vous me remettrez l’état de tout ce dont le corps polonais a encore besoin. Je vois avec peine qu’un mois précieux a été perdu.3

Np

1. Le corps polonais commandé par Poniatowski (8e corps de la Grande Armée) est géré (solde, approvisionnement, etc.) par le ministère des Relations extérieures.

2. Panichot.

3. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 181). [C 20246]


35308 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 202).


35309 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 9 juillet 1813

Le comte Bertrand1 n’envoie pas un état de situation exact de ses régiments. Le 8e d’infanterie doit avoir un autre bataillon à ce corps. Le régiment croate devrait être renforcé par le bataillon croate qui est à Glogau et qui vient d’Italie. Faites-moi un rapport là-dessus.2

1. Commandant du 4e corps de la Grande Armée.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 203.


35310 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 205).


35311 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. L’état-major Danois avait proposé à Davout d’envoyer un officier connu de Bernadotte espionner le contingent Suédois. Davout avait refusé sous le prétexte de l’armistice.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 206). [C 20254]


35312 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 207). [C 20255]


35313 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 208).


35314 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 209). [C 20253]


35315 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 210).


35316 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 211).


35317 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 214. [C 20252]


35318 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Dresde, 9 juillet 1813

Mon cousin, j’ai pris des mesures pour l’armée d’Espagne. J’ai ordonné que des réquisitions fussent faites en Languedoc et qu’elles fussent payées en bons de la Caisse d’amortissement1, admissibles en paiement des biens communaux ; j’ai mis à cet effet, dans la distribution de juillet, des fonds à la disposition des ministres. Je vois, par le rapport du ministre des Finances2, qu’il a déjà mis la main sur 100 millions des biens des communes ; mais ce n’est encore qu’un tiers de ce que j’entends. Il n’y a qu’un seul moyen de rendre ces ventes faciles, c’est de payer tout ce que doivent les ministères en bons de la Caisse d’amortissement, sans faire attention s’ils perdent à la Bourse 5 ou 6 pour 100 ; cela ne nous regarde point. Ces bons ont une valeur trop réelle, puisqu’ils portent intérêt, puisqu’ils sont remboursables en dix-huit mois et qu’ils peuvent être employés à l’achat des biens communaux, pour qu’on attache quelque importance à ce qu’ils perdent ou ce qu’ils gagnent. Ce n’est pas un papier-monnaie. Mais, en supposant qu’ils perdent quelque chose, c’est une prime qui excitera les porteurs de ces bons à presser plus promptement les achats des biens des communes.

Je vous renvoie votre projet pour la jeune duchesse de Frioul3, afin que vous le fassiez passer au Conseil d’État.4

Np

1. Voir ci-dessus, no 35257.

2. Gaudin.

3. Hortense Duroc, unique héritière de son père (voir ci-dessus, no 35204).

4. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 192). [C 20250]


35319 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 200).


35320 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

1. Bertrand Clauzel, commandant de l’armée du Nord en Espagne.

2. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 201). [BRO 1170]


35321 – À COLLIN DE SUSSY, MINISTRE DES MANUFACTURES ET DU COMMERCE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 197.


35322 – À COLLIN DE SUSSY, MINISTRE DES MANUFACTURES ET DU COMMERCE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 198. [BRD 2077]


35323 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 9 juillet 1813

Monsieur le comte Daru, le comte Vandamme1 se plaint de n’avoir pas de payeur au 1er corps. Je suppose que le payeur général2 aura ordonné à son préposé de suivre le 1er corps à Magdebourg et aura nommé un autre payeur pour le 13e corps3.

Il n’y a pas de fonds pour payer la solde du 1er corps. Donnez des ordres au payeur pour que ces fonds soient faits sans délai.4

Np

1. Commandant du 1er corps.

2. Bernard.

3. Commandé par Davout.

4. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 215).


35324 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Aujourd’hui Szprotawa, en Pologne.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 216).


35325 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Administrateur du grand-duché.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 217).


35326 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 218). [C 20258]


35327 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 219).


35328 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Dresde, 9 juillet 1813

Mon cousin, une députation de Hambourg s’est présentée chez le comte Daru et chez le grand écuyer1 pour demander à m’être présentée. J’ai refusé de la recevoir, jusqu’à ce que la contribution de 48 millions fût entièrement payée, et je lui ai fait donner ordre de quitter Dresde dans la journée.

À cette occasion, je dois vous faire connaître mes intentions. Je veux les 48 millions en entier et sans qu’il en soit retranché un sou. Dans le mémoire qu’apportaient ces messieurs, il paraît qu’ils disent qu’ils n’ont pas 40 millions. Voici ma réponse : tant que les 40 millions qui restent à payer ne seront pas payés, tous les magasins demeureront sous le séquestre, car je suppose que vous avez mis et maintenu le séquestre sur les gros magasins et même sur les boutiques. Il faudra étendre cette mesure sur les gros magasins de la 32e division militaire, sur les bâtiments de commerce, et sur les maisons, qui seront louées pour mon compte. Les bâtiments et les maisons m’appartiendront ; les marchandises m’appartiendront de même ; on les dirigera sur la France ou sur d’autres points en Allemagne pour être vendues. Or, sûrement, il y a bien pour plus de 48 millions de marchandises à Hambourg. Enfin, il y a le territoire, qui vaut bien plus de 100 millions, et que je ferais, s’il le fallait, adjuger au domaine.

J’ai ordonné au comte Daru de répondre dans ce sens, et c’est dans ce sens que vous-même vous devez parler.

Le crime de rébellion2 et de félonie qu’ils ont commis les a dépouillés de toutes leurs propriétés et de tous leurs droits civils3. La contribution de guerre en est le rachat. Ils ont payé 10 millions en argent, ils ont payé 10 millions en marchandises ; faites-leur signer des bons encore pour 10 millions ; il leur restera à payer 18 millions. Ils peuvent très bien faire un emprunt sur eux-mêmes, comme ils l’ont fait autrefois. Ils ont crédit dans toutes les places ; ils peuvent très bien tirer pour 10 millions de lettres de change. Ils compléteront ainsi leur paiement. Moyennant ce, je lèverai le séquestre, je leur rendrai leurs droits civils, et chacun rentrera dans sa propriété.

Quant à l’amnistie, vous savez bien que je vous ai donné carte blanche. Je ne fais aucune difficulté à cet égard ; j’aime mieux les faire payer, c’est la meilleure manière de les punir. Il faut chercher à aussi atteindre la canaille, et faire peser sur elle une portion de la contribution de guerre, en doublant ou quadruplant la contribution personnelle, celle des portes et fenêtres, en augmentant l’octroi, en augmentant les droits sur le débit au cabaret, etc. Cela ne produira que 2 ou 3 millions ; mais il est convenable de frapper aussi la canaille et de lui faire voir qu’on ne la craint pas. Il faudra l’atteindre aussi en en prenant le plus qu’on pourra pour envoyer en France dans les troupes, et en saisissant tous les boutefeux, qu’on enverra aux galères et dans les maisons de force en France.4

N

1. Caulaincourt.

2. Les Cosaques avaient pris Hambourg le 12 mars 1813 et avaient occupé la ville jusqu’au 29 mai, date de sa reprise par Davout. Cette occupation s’était faite avec la complète coopération des citoyens de Hambourg qui avaient accueilli les Russes comme des libérateurs. Les Britanniques avaient de leur côté livré des armes à la population qui s’était formée en milice pour lutter contre un éventuel retour des Français.

3. À la reprise de la ville, Hambourg et la 32e division ont été mises hors la Constitution (voir Correspondance générale, vol. 13, no 34757). Napoléon avait prescrit à Davout des mesures très dures que le prince d’Eckmühl tentait d’adoucir.

4. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (copie, Archives nationales, 400 AP 143).


35329 – AU MARÉCHAL DAVOUT, COMMANDANT LE 13E CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

de la 50e division composée de 18 bataillons, vu les 2 bataillons du 33e d’infanterie légère qui sont à la 40e division ; ces 18 bataillons doivent faire 14 000 hommes.

ci-après

14 000

hommes

d’un bataillon de vétérans

600

des douaniers

600

de la gendarmerie

200

de l’artillerie

400

des conscrits ouvriers de la Marine

300

des équipages de la Marine

1 000

du 28e de chasseurs

1 200

total

18 300

hommes

1. Expédition, Musée d’art et d’histoire d’Auxerre, fonds Eckmühl (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 220).


35330 – AU GÉNÉRAL DEJEAN, AIDE DE CAMP DE L’EMPEREUR

1. Expédition d’après photographie [Catalogue de vente], Galerie « Arts et Autographes », J.-E. Raux, expert, Napoléon et son temps, décembre 2008, p. 107, no 17951 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 193). [C 20257]


35331 – À EUGÈNE, VICE-ROI D’ITALIE, COMMANDANT EN CHEF L’ARMÉE D’ITALIE

1. Voir ci-dessus, no 35114.

2. Correspondance de Napoléon I er publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, no 20259, d’après la copie communiquée par la duchesse de Leuchtenberg (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 223).


35332 – À FRÉDÉRIC IER, ROI DE WURTEMBERG

Dresde, 9 juillet 1813

Monsieur mon frère, j’ai reçu la dernière lettre de Votre Majesté ainsi que le chiffre que M. de Linden1 a remis au duc de Bassano. Il paraît que le courrier qui était porteur de ma lettre du 2 juin2 a été pris. J’envoie à Votre Majesté une copie de cette lettre.

Il y a beaucoup d’embarras pour les négociations pour la paix, et elles ne sont pas encore commencées3. Elles doivent avoir lieu à Prague. J’attends une réponse aujourd’hui ou demain. L’Autriche se donne beaucoup de mouvement, mais les affaires paraissent encore bien loin de s’arranger. On le serait déjà sans l’intervention de l’Autriche. L’avenir nous fera connaître ce qu’elle veut.4

Napo

1. Le baron Franz Josef von Linden (1778-1860), premier ministre du roi de Wurtemberg qu’il représentera au congrès de Vienne.

2. Voir Correspondance générale, vol. 13, no 34405. Cette lettre annonçait au roi de Wurtemberg l’armistice de Pleiswitz.

3. Les négociations ne commenceront que le 12 mai.

4. Expédition, Abteilung Hauptstaatsarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg, Stuttgart, G 243, dossier 60 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 191). [C 20260]


35333 – À GAUDIN, MINISTRE DES FINANCES

Dresde, 9 juillet 1813

Je vous prie de me faire connaître quels sont les départements où l’on n’a pas pris possession des biens des communes1. Ce qui m’avait porté à ne pas prendre possession des biens situés dans ces départements, c’était l’impossibilité de les vendre ; mais mon intention étant d’émettre des bons pour payer des réquisitions qui seront faites dans ces départements, il deviendrait possible alors de placer ces bons dans la vente de ces biens. Il est donc nécessaire que vous donniez des ordres préparatoires pour la mise en vente de ces biens, afin que, lorsque j’ordonnerai la vente, elle puisse avoir lieu sans délai.2

Napoléon

1. Voir ci-dessus, nos 35239, 35259 et 35318. Ces biens doivent être vendus notamment pour financer la remise en état de l’armée d’Espagne défaite à Vitoria.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, fol. 196. [C 20251]


35334 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

Dresde, 9 juillet 1813

Je reçois votre lettre du 5 juillet. Le roi d’Espagne1 a eu tort de prendre un arrêté ; il n’a le droit de prendre en France ni arrêté ni décret. Il pouvait, tout au plus, publier cela en forme d’ordre pour son armée, mais surtout il ne devait se mêler en rien de ce qui concerne la 11e division2. Il n’a d’ordre à donner que pour ce qui regarde son armée. S’il avait donné ordre de distribuer les vivres de campagne à son armée, cela aurait été tout simple ; mais, encore une fois, il ne devait pas se mêler de la 11e division. Vous devez donc considérer cet arrêté du roi comme non avenu, et donnez ordre que tout ce qui n’appartient pas à l’armée ne reçoive de vivres que comme à l’ordinaire. Qu’ont effectivement de commun avec l’armée du roi les troupes qui sont à Blaye ou à Bordeaux ? J’approuve tous les principes qui sont contenus dans votre lettre. Vous ferez également connaître au duc de Dalmatie que, sur le territoire de l’Empire, aucun général ne peut prendre d’arrêté. Il ne doit faire que des ordres d’armée, qui, n’étant point insérés au Bulletin des lois, n’obligent point les citoyens et ne regardent que les individus faisant partie de l’armée. Comme je n’ai pas le temps d’écrire là-dessus au ministre de la Guerre, communiquez-lui cette lettre, afin que cette forme d’ordre d’armée soit aussi celle que le vice-roi adopte pour les dispositions à prendre pour l’armée d’Italie.3

1. Installé à Saint-Jean-de-Luz, Joseph tente de rétablir l’ordre dans les restes de l’armée d’Espagne et de pourvoir à son approvisionnement. Soult, nommé lieutenant-général depuis le 1er juillet, ne prend son commandement que le 12 juillet.

2. Siège Bordeaux, elle regroupe les départements de la Gironde, des Landes et des Basses-Pyrénées.

3. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 212. [LEC 1041]


35335 – AU GÉNÉRAL LACUÉE, MINISTRE DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GUERRE

Dresde, 9 juillet 1813

Monsieur le comte de Cessac, je reçois votre lettre du 4 juillet dans laquelle vous me faites connaître les besoins de l’armée d’Espagne. J’ai mis un fonds de 5 millions à votre disposition. Je suppose que vous avez assez d’affûts de campagne à Bayonne, Bordeaux et Toulouse pour réparer la perte de l’armée.

Quant aux équipages militaires, il faut connaître ce qu’on a sauvé de cadres, ce qui existe en harnais et en chevaux et les ressources que présentent la 10e et la 11e divisions1. Je vous ai fait connaître que quant aux vivres et aux fourrages, les différentes fournitures devaient se faire par réquisitions.

Je pense que 800 000 rations de biscuit sont inutiles. Cela coûte trop cher et a l’inconvénient d’exiger un encaissement. Mais il est important d’avoir toujours 25 à 30 000 quintaux de farines, poids de marc, en magasins à Bayonne.2

Np

1. Respectivement Toulouse et Bordeaux.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 316 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 213). [BRD 2078]


35336 – AU GÉNÉRAL LE MAROIS, GOUVERNEUR DE MAGDEBOURG

Dresde, 9 juillet 1813

Je reçois votre lettre du 6 juillet. Vous avez 240 000 boisseaux d’avoine à Magdebourg. « Ce n’est pas possible », m’écrivez-vous : cela n’est pas français1. Je suis donc mécontent de votre lettre. Faites partir sur-le-champ deux bateaux chargés d’avoine pour les chevaux de la Garde, qui se meurent. Cette avoine sera remplacée par ce qui arrive dans le pays, par la récolte qui est prochaine, et, enfin, par ce qui est envoyé de la 32e division.2

1. Cette réponse de Napoléon à Le Marois serait une des origines probables de l’expression populaire : « impossible n’est pas français ».

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 194. [C 20256]


35337 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Dresde, 9 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, il serait convenable que vous eussiez un agent spécial à Tœplitz1 et un à Carlsbad2 et en général aux principales eaux. C’est un soin que les Relations extérieures devraient toujours avoir et surtout dans ces circonstances.3

Np

1. Aujourd’hui Teplice, en République tchèque.

2. Aujourd’hui Karlovy Vary, en République tchèque.

3. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 199). [BRO 1169]


35338 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

Dresde, 9 juillet 1813

Ma bonne amie, je te remercie de tes belles gravures, je les ai données et elles ont fait bien plaisir. Ma santé est fort bonne. Je vais demain à Wittenberg1, à 30 lieues d’ici, voir des troupes et des fortifications. Je te prie de te bien porter et de ne douter jamais de ton,2

Np

1. Le dimanche 11 juillet, Napoléon est à Wittenberg où il passe la revue des 5e, 6e et 6e bis divisions, de 5 h à 10 h. À 15 h, il quitte la ville pour Dessau où il voit la division Philippon.

2. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35339 – AU GÉNÉRAL SAVARY, MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE

Dresde, 9 juillet 1813

Qu’est-ce qu’un nommé La Feuillade1, ci-devant marquis, qui tient des propos à tort et à travers chez une dame d’Imprande qu’on dit sa maîtresse ?2

1. Chambellan de l’Impératrice en 1806, il sert la reine d’Étrurie par la suite.

2. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 195. [LEC 1042]


35340 – AU GÉNÉRAL SORBIER, COMMANDANT EN CHEF L’ARTILLERIE DE LA GRANDE ARMÉE

1. Minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 222.


35341 – À DARU, DIRECTEUR DE L’ADMINISTRATION DE LA GRANDE ARMÉE

1. Commandé par le maréchal Ney.

2. Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 224).


35342 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35343 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Wittenberg, 11 juillet 1813

Mon cousin, répondez au général Dejean1 que vous avez reçu sa lettre du 3 juillet qu’il ne faut entreprendre le réduit que lorsque la place sera en état de défense et qu’il faudra l’entreprendre de manière qu’il puisse être très avancé en un mois de travail.2

Nap

1. Premier inspecteur du génie alors en mission à Hambourg.

2. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 231).


35344 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Wittenberg, 11 juillet 1813

Mon cousin, donnez ordre à la division Dufour1 de partir demain 12 pour se rendre à Guben, où elle arrivera le 17, et à celle du général Vial2 de partir le 13 pour y arriver le 18. Vous donnerez des ordres pour que chacune de ces divisions parte de Wittenberg avec trois jours de vivres, et pour qu’à son passage à Herzberg elle y en prenne pour d’autres jours.

Écrivez au duc de Bellune pour lui faire connaître la marche de ces deux divisions. Donnez-lui l’ordre de porter son quartier général à Guben et d’évacuer entièrement le cercle de Grünberg. Il placera une de ses divisions à Lieberose, une à Friedland3 et une à Fürstenberg : il sera ainsi à trois petites journées de Berlin et à une de Francfort. Écrivez-lui de se tenir en communication avec le duc de Reggio, que vous instruirez également du passage de ces deux divisions.

Un commissaire des guerres se rendra à Herzberg pour commander les vivres.4

Nap

1. 5e division du 2e corps sous Victor.

2. 6e division du 2e corps sous Victor.

3. Frydlant en République tchèque.

4. Expédition, collection Jean-Michel Genot (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 233). Extrait [Catalogue de vente], Fraysse et Associés, Importante collection d’autographes et documents historiques, Drouot, 10 mars 2003, p. 35, no 323.


35345 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 234).


35346 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Wittenberg, 11 juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 7 juillet. Le Conseil d’État a très bien fait de faire vendre les biens dits de la Société économique de Genève1. Non seulement c’est une bonne mesure en finances, mais aussi une bonne mesure politique. Cela effacera des traces d’indépendance et d’État à part qui existaient encore dans ce coin de la France.2

Np

1. Depuis le traité du 15 avril 1798, Genève fait partie de la République française. Le rattachement à la Confédération helvétique aura lieu le 19 mai 1815.

2. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 225). [LEC 1044]


35347 – À CAMBACÉRÈS, ARCHICHANCELIER DE L’EMPIRE

Wittenberg, 11 juillet 1813

Mon cousin, je reçois votre lettre du 6 juillet. Je ne connais pas encore la situation, et je n’ai aucun détail des affaires d’Espagne. J’ai ordonné au ministre de la Guerre que le maréchal Jourdan fut suspendu, qu’il eut l’ordre de se rendre dans ses terres et enfin d’adresser une relation de ce qui s’est passé. J’ai chargé le ministre de demander également des comptes à chaque commandant en chef d’armée1, au commandant du génie2, à celui de l’artillerie3 et à l’ordonnateur en chef4.

J’ai blâmé le ministre de la Guerre d’avoir mis des compliments dans sa lettre au roi d’Espagne. Je puis garder le ménagement de ne pas mettre le public dans la confidence de mon extrême mécontentement ; mais il est ridicule et déplacé que ce prince n’apprenne pas clairement que c’est à lui que j’attribue la faute de tout ce qui s’est passé depuis cinq ans en Espagne. Il n’a montré ni talents militaires ni soins administratifs. Je désire donc que vous fassiez connaître au ministre qu’il faut que ce prince ne s’aveugle pas sur ma façon de penser à son égard ; il ne savait pas commander, et il a le grand tort à mes yeux de ne pas avoir laissé commander ceux qui le pouvaient.

Insistez auprès de mes ministres de la Guerre et de l’Administration de la guerre pour qu’on reprenne un peu d’énergie. Il est bien insensé qu’on ait repassé la Bidassoa.

J’écris au ministre de la Guerre, puisque la présence du roi d’Espagne peut avoir des inconvénients à Bayonne, que mon intention serait qu’il vînt s’établir à Mortefontaine incognito, où il serait censé être jusqu’à de nouveaux ordres de moi. Cela finirait toutes difficultés.5

Np

1. Reille (Armée du Portugal), Gazan (Armée du Midi), Drouet d’Erlon (Armée du Centre).

2. Léry.

3. Tirlet.

4. Mathieur-Faviers.

5. Expédition, collection privée (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 225). [LEC 1045]


35348 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

Wittenberg, 11 juillet 1813

Monsieur le duc de Feltre, je suis aussi surpris qu’indigné de n’avoir encore aucun renseignement sur la situation de mon armée d’Espagne. J’ignore pourquoi on ne s’est pas lié avec le général Clauzel. J’ignore les pertes qui ont été faites1. Je n’ai pas même le récit de la bataille. Témoignez-en mon extrême mécontentement au maréchal Jourdan. Annoncez-lui qu’il est suspendu de ses fonctions et donnez-lui ordre de se retirer dans ses terres. Il y restera suspendu et sans traitement jusqu’à ce qu’il ait rempli ce 1er devoir de vous mettre au fait de ce qui s’est passé et de vous faire en détail le récit de cette bataille.

Enfin témoignez mon mécontentement au roi de n’avoir pas reçu ce récit et le compte des raisons qui ont pu le porter à abandonner le général Clauzel2.

Répondez au duc de Dalmatie3 qu’il n’y a pas de traitement attaché au grade de mon lieutenant ; qu’il jouira des appointements du grade de maréchal et des 10 000 francs par mois de représentation, et qu’il est le seul qui en jouisse ; que la situation actuelle de mes affaires m’impose la plus grande économie.

Il est impossible que je prenne aucune mesure : je n’ai aucune idée de l’état des choses ; j’ignore les pertes faites en infanterie et cavalerie, ainsi que les circonstances de la bataille. Ordonnez à chaque général en chef sous les peines les plus sévères d’envoyer son rapport.

Je comprends le désir qu’a le duc de Dalmatie de voir le roi s’éloigner de Bayonne. Je suis d’avis que le meilleur parti serait que ce prince se retirât sans bruit à Mortefontaine, en gardant l’incognito et presque sans qu’on le sût.

Je ne suis pas très content de la lettre que vous lui avez écrite4 ; j’y vois trop de compliments. Lorsqu’on m’a perdu une armée par ineptie, je puis avoir le ménagement de ne pas mettre le public dans la confidence mais du moins n’est-ce pas le cas de faire des compliments. La faute de tout ceci est au roi qui non seulement n’a pas su commander mais n’a rendu aucun compte. Il est convenable que vous fassiez en sorte que cette manière dont j’envisage les choses soit connue du roi et de ceux qui l’entourent. Cette manière d’agir de sa part a fait assez de mal à mon armée depuis 5 ans ; il est temps que cela finisse.

Il paraît qu’on a fait sauter le pont de la Bidassoa. Il y a bien de l’ineptie et de la lâcheté dans toute cette conduite ; témoignez-en mon mécontentement au général Reille5. Dites-lui que je ne le reconnais plus. Ils ne montrent tous que la timidité des femmes.

Np

P.S. Demandez aussi au général de l’artillerie, au général du génie et à l’ordonnateur en chef6 un compte général de ce qui s’est passé.7

1. Les pertes humaines de Vitoria sont d’environ 8 000 hommes.

2. Clauzel était arrivé en fin de journée à Vitoria et avait ensuite retraité vers Saragosse.

3. En arrivant à Paris le 6 juillet, Soult avait demandé via Cambacérès le prix de ses émoluments.

4. Voir ci-dessus.

5. Reille commandait l’aile droite de l’armée française à Vitoria qui fut la première à reculer sous les assauts des Anglo-Espagnols.

6. Respectivement : Tirlet, Léry et Mathieu-Faviers.

7. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328. Extrait [Catalogue de vente], étude Gros et Delettrez, Cabinet d’expertise Valleriaux, Succession Eugène Rossignol, Drouot, 22-23 mai 1997, no 542. [LEC 1047]


35349 – AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE

des

1er, 2e, 3e, 4e et 9e

de hussards,

des

31e, 5e, 10e, 13e, 14e, 15e, 21e, 26e, 27e et 29e

de chasseurs,

des

2e, 4e, 5e, 6e, 11e, 12e, 13e, 14e, 15e, 17e, 18e, 19e, 21e, 22e, 24e, 25e et 26e

de dragons

et du

13e

de cuirassiers

Par mes dernières dispositions, j’ai ordonné que :

le

1er

de hussards,

le

14e, le 26e, le 27e et le 31e

de chasseurs

ne fissent plus partie de cette armée, et en conséquence vous avez donné ordre aux dépôts de ces régiments de se rendre dans le Nord.

Il en est de même des

2e, 6e, 11e, 15e, 13e, 19e, 22e et 25e

de dragons

Il y reste donc

10

régiments de cavalerie légère

10

régiments de dragons

et

1

de cuirassiers

total

21

1. Copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 230).


35350 – AU MARÉCHAL KELLERMANN, COMMANDANT SUPÉRIEUR DES 25E ET 26E DIVISIONS MILITAIRES

1. Expédition, collection privée (copie d’expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 328).


35351 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Wittenberg, 11 juillet 1813

Je trouve ridicules les observations du ministre de France1 sur les témoignages de satisfaction que la Suisse désire donner à ses soldats qui ont fait la campagne de Russie. Il ne devrait pas s’expliquer sans connaître mes intentions. Qu’il laisse faire les Suisses ce qu’ils veulent. S’ils se proposent de donner des médailles ou d’élever un monument qui consacre nos succès dans cette campagne, je ne vois pas pourquoi mon ministre s’y opposerait. En général, il prend trop sur lui ; il devrait rendre compte et attendre réponse. Le principal en Suisse, c’est d’accélérer le recrutement ; car je n’ai presque plus de Suisses à mon service.2

Np

1. Augustin-Louis dit Auguste de Talleyrand-Périgord, cousin de Charles-Maurice.

2. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 227). [LEC 1046]


35352 – À MARET, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Wittenberg, 11 juillet 1813

Monsieur le duc de Bassano, je pars dans une heure pour aller coucher à Dessau1 et demain à Magdebourg2. Faites courir le bruit que j’ai passé en revue à Wittenberg 40 bataillons et 100 pièces de canon, toutes troupes arrivant de France. Écrivez à Wurtzbourg et surtout à Bamberg pour être exactement instruit de toutes les troupes qui y arrivent et de leur état.3

Napoléon

1. Le dimanche 11 juillet, Napoléon est à Wittenberg où il passe la revue des 5e, 6e et 6e bis divisions, de 5 h à 10 h. À 15 h, il quitte la ville pour Dessau où il voit la division Philippon.

2. Il quitte Dessau à 2 h du matin et arrive à 5 h à Magdebourg.

3. Expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1791 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 228). [BRO 1171]


35353 – À MARIE-LOUISE, IMPÉRATRICE

1. Voir ci-dessus no 35352, et ci-dessous, no 35355.

2. Expédition autographe, Bibliothèque nationale de France, NAF 12487, vol. 2.


35354 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Magdebourg, 12 juillet 1813

Mon cousin, réunissez le gouverneur1, l’ordonnateur et ceux qui connaissent le payeur et présentez demain matin à mon approbation la répartition de 100 000 boisseaux d’avoine, de 10 0002 quintaux de farine et 1 000 000 rations de fourrage entre les départements environnants, en y comprenant surtout Halle et Brunswick. Tout sera dirigé sur Magdebourg et des mesures seront prises pour que cela rentre sous peine d’exécution militaire. On fixera les jours où les convois devront partir de chaque point et où tout devra être arrivé.3

Np

1. Le général Le Marois.

2. Le nombre 20 000 a été corrigé en 10 000 de la main de Napoléon.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35355 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 246).


35356 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

1. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121.


35357 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Magdebourg, 12 juillet 1813

Mon cousin, écrivez au ministre de la Guerre du roi de Westphalie1 pour qu’il tâche d’envoyer par réquisition 150 à 200 armuriers westphaliens à Magdebourg afin de réparer les fusils qui sont en dépôt dans l’arsenal de cette place.

Donnez ordre que les fusils étrangers soient triés et que ceux qui peuvent encore servir soient remis en état, étiquetés séparément et envoyés pour l’armement de l’armée.

Donnez ordre à la compagnie d’armuriers qui est à Erfurt de se rendre ici et recommandez au général d’artillerie de monter ses ateliers de manière à faire réparer promptement les 10 000 fusils de l’arsenal2.3

Np

1. Le comte Valentin de Salha, ancien capitaine de frégate, ami personnel de Jérôme Bonaparte.

2. Voir ci-dessous, no 35363.

3. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 244).


35358 – AU MARÉCHAL BERTHIER, MAJOR-GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Magdebourg, 12 juillet 1813

Mon cousin, la 1re et la 2e compagnie du 14e bataillon d’équipages ont passé il y a 2 jours ici1.

Envoyez l’ordre à Wittenberg que ces compagnies y attèlent le matériel d’ambulance appartenant au second corps et qu’elles continuent ensuite leur route pour se rendre au 2e corps en suivant le chemin que prend la division Vial.

Écrivez au général Vial qu’il prenne ces compagnies sous son escorte.

Annoncez ce mouvement au duc de Bellune2.

La 3e et la 4e compagnie du 14e bataillon d’équipages militaires arrivera demain [sic] ou après à Magdebourg.

Vous donnerez ordre au gouverneur3 de les remettre à la disposition du général Vandamme, qui gardera ces deux compagnies jusqu’à ce que la 1re et la 2e du 10e bataillon qui s’organisent à Cassel soient arrivées.

Écrivez par une estafette extraordinaire à Cassel pour savoir quel jour en partiront ces deux compagnies et quel jour elles seront à Magdebourg.4

Nap

1. Voir ci-dessus, no 35345.

2. Commandant du 2e corps.

3. Le Marois.

4. Expédition, S.H.D., Guerre, 17 C 121 (minute, Archives nationales, AF IV 901, juillet 1813, no 245).